XXX – Gabriel Clark : de la construction au porno

Par  |  1 commentaire

Gabriel Clark Acteur porno gai

(Entrevue parue dans le RG du mois d’avril)

RG. Qu’est-ce qui t’a amené à devenir acteur porno ?

Gabriel Clark. Étrangement, je n’ai jamais eu l’ambition de devenir acteur porno. Je travaillais dans la construction à Trois-Rivières quand j’ai décidé d’aller faire le fou à Montréal et de devenir danseur nu. J’ai été engagé au Cabaret JP et j’ai aussi été modèle sur la rue pour Priape. Le directeur général de la boutique à l’époque, Daniel St-Louis, m’a demandé si je voulais faire des photos explicites, et j’avais le goût d’essayer. Il m’a alors présenté à des producteurs en août 2010 et, depuis, je travaille sans cesse.

RG. Quel a été ton parcours ?

G.C. J’ai fait ma première scène avec COLT, pour ensuite travailler pour les studios Next Door. J’ai aimé travailler avec eux, mais il y a beaucoup de « gay for pay » chez Next Door, c’est-à-dire des hétérosexuels qui font de la porno gaie parce que c’est plus payant. Même si j’aime beaucoup les femmes, j’adore baiser un homme et je n’ai pas d’intérêt à le faire avec quelqu’un qui n’a pas de véritable attirance. J’ai ensuite fait des scènes pour des sites de masturbation comme Sqirtz.com et Maskurbate, pour enfin travailler avec Cocky Boys, que j’adore. J’ai d’ailleurs accepté de devenir exclusif à cette compagnie, parce qu’ils ont un style qui me ressemble beaucoup. Ce sont des scènes très intenses et les gars, qu’ils soient bis ou gais, sont réellement attirés, ce qui donne des scènes aussi passionnelles que cochonnes.

Gabriel Clarck

RG. Entre les femmes et les hommes, as-tu une préférence ?

G.C. Je tourne environ deux scènes hétéros par semaine et deux gaies par mois, tout simplement parce qu’il se fait beaucoup plus de films hétéros. Mais je préfère tourner des scènes gaies, entre autres parce que j’adore embrasser et les actrices du X réservent plutôt ça pour leur amoureux. Elles sont complètement détachées sur le plan émotionnel. Évidemment, j’adorerais tourner des scènes bisexuelles. J’en ai parlé à un producteur de films hétéros qui m’a dit que plusieurs actrices allaient embarquer et il m’a mis au défi de trouver de sept à huit acteurs bisexuels. Je croyais que ça allait être une tâche facile, mais pas du tout ! Les gars sont soit trop gais soit trop hétéros. J’en ai trouvé deux, je continue de chercher.

RG. Tu participes à différents projets qui valorisent le port du condom, notamment avec l’organisme RÉZO et aussi avec Jorge Briceno pour son projet Play Safe

G.C. Parce que c’est une cause qui me tient à cœur. Si mon nom et mon image peuvent apporter quelque chose à ce genre de campagne, tant mieux. On m’oblige à faire des tests tous les mois dans le milieu hétéro, mais je porte quand même le condom dans mes scènes ou dans mes relations sexuelles personnelles. Je trouve honteux que quelqu’un ne passe jamais de test et ne porte pas de condom. On ne m’a jamais offert de tourner une scène sans condom, mais je connais les compagnies qui le demandent et je ne travaillerai jamais pour elles. C’est un choix personnel.

RG. Tu es quelqu’un de spirituel. En quoi cela t’aide-t-il dans ton travail ?

G.C. J’ai commencé à m’intéresser à la spiritualité et à la théologie à l’âge de 19 ans. Je pratique les arts martiaux et le yoga depuis, ce qui m’aide beaucoup dans mon travail, entre autres parce que je suis très souple et endurant. J’ai aussi appris à maîtriser le sexe tantrique, parce que j’étais éjaculateur précoce. Je peux donc avoir plusieurs orgasmes pendant une relation sexuelle, même si je n’éjacule qu’une seule fois. Chaque baise est une courte relation dans laquelle je m’investis complètement, au point de vue de mon corps, de mon esprit et de mon âme.

RG. Qu’est-ce qui t’attend prochainement, côté carrière ?

G.C. Je reste exclusif à Cocky Boys jusqu’en juillet et j’aimerais bien qu’on renouvelle mon contrat. Nous allons bientôt entreprendre un projet qui m’excite beaucoup. Ça consiste en une série de scènes tournées au Stock Bar qui seront toutes liées par une histoire. J’ai très hâte de commencer. J’ai aussi été mis en contact avec un producteur de Londres qui aimerait bien travailler avec moi. Il n’y a rien de certain, mais si je n’ai pas de contrats cet été, j’irai faire un tour en Angleterre !

Crédit photos : documents remis.

1 Comment