Xavier Dolan : 12 minutes d’applaudissement au Festival de Cannes !

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Après avoir présenté avec succès Tom à la ferme à la Mostra de Venise, Xavier Dolan triomphe à la première mondiale de Mommy au 67e Festival de Cannes. Un des plus gros triomphe à Cannes depuis longtemps. Le réalisateur de 25 ans sert ses parents contre lui. Les félicitations se multiplient. «Je me sens très ému, très chanceux». Il peut, avec 12 minutes d’ovation après la projection!

«C’est surréaliste de vivre une chose pareille, surtout entouré des gens qu’on aime le plus. C’est un moment unique. Ça vaut toutes les incertitudes, toutes les déceptions depuis le début, ça vaut tous les non qu’on a entendus, tous les refus qu’on a essuyés. Il y a eu des moments plus difficiles, ils n’existent plus», confie-t-il, visiblement bouleversé.

Xavier Dolan a accordé tellement d’entrevues à la presse internationale qu’il ne peut plus les compter. Les critiques sont presque unanimes, on lui prédit la Palme d’or. Et lorsqu’on lui demande s’il gagne le prix, son film sera t’ il un triomphe québécois ou canadien? Il répond : «Je trouve que mon film est très québécois. Mais ce serait une victoire internationale. (…) Ce serait surtout un message d’espoir extraordinaire pour les gens de ma génération plutôt qu’une victoire pour un pays.»Son attachée de presse française pleurait en déclarant. «Après la projection, sur Twiter, on a eu ce que Tom Waits appelle une Sea of Love (une vague d’amour).» C’est ce qui s’est passé.

Faire partager les émotions des plus légères aux plus graves à 1800 spectateurs, pendant la projection de presse, avec cette histoire bouleversante de mère et de fils, portée par trois grands acteurs : Anne Dorval, Suzanne Clément et l’impressionnant Antoine-Olivier Pilon, c’est un exercice difficile que le très jeune cinéaste a relevé haut la main :

«Cinéaste parfois catalogué modeux, voire snob à claques, Dolan trouve ici le parfait équilibre entre la sophistication de sa mise en scène et la trivialité de ses personnages, il se déboutonne tout en conservant son élégance folle, un peu comme si une comédie populaire italienne était mise en images par Wong Kar-Wai.» Les Inrocks

«Un des plus des films les plus vibrants, intoxicants et illuminés que l’on a vus à Cannes toutes années confondues, et c’est un peu comme si on peut encore le sentir couler dans nos veines.» Indiewire 

«La compétition n’est pas à son plus fort cette année, mais le film du jeune québécois serait sorti du lot dans n’importe quelle édition du festival.» Irish Times 

«Considérant ses ambitions internationales, Dolan fait un choix courageux en honorant ses racines avec des dialogues particulièrement crus en québécois, à la Michel Tremblay.» Maclean’s 

«L’aisance du réalisateur pour mélanger les genres et maintenir le spectateur attentif nous fait découvrir la photo irrespectueuse, libre et irrévérencieuse d’un des réalisateurs ayant le plus l’envie et la capacité de surprendre à tous les plans.» El Mundo.

Comme pour tous ses films, l’enfant prodige du cinéma québécois a tout fait : écrit, réalisé, produit, monté le long métrage et même le dossier de presse, sauf qu’il n’y joue pas, contrairement à d’habitude.

Xavier Dolan tient du génie et chacune de ses réalisations accroit cette certitude. Palme d’or ou pas, Mommy a déjà rencontré son destin.

Richard Des Lys