Week-end fétiche : un Montréal rétro et londonien

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Fétiche week-end en 2012 à Montréal

Être. Sous quel signe s’inscrit cette huitième édition ?

Eric Paradis. Le but du Week-end fétiche est de fidéliser le client avec des thématiques récurrentes tout en ayant une marge de manœuvre pour de la nouveauté. Cette année, lors de la Nuit des Masques, on va expérimenter une thématique steampunk [ou rétrofuturiste]. Dans le cadre des soirées principales, on a créé des espaces de spectacle interactifs, afin de favoriser les liens sociaux. On se tourne vraiment vers notre clientèle pour en devenir le miroir.

Être. Parler d’interactivité et de lien social à l’heure des rencontres numériques n’est pas anodin…

E.P. L’événement a été créé à l’époque de la montée des réseaux sociaux, afin de faire sortir les gens du virtuel et de leur faire prendre possession du monde réel. Mais s’il n’y avait pas le virtuel, je ne serais pas capable de promouvoir le Week-end fétiche comme je le fais. C’est un événement rassembleur, ouvert à tous, qui ne voit pas de couleurs, qui ne fait aucune exclusion et on est heureux d’avoir des partenaires dans la communauté gaie.

Être. Quelle clientèle fréquente le Week-end fétiche ?

E.P. On est choyé par une vaste clientèle, de 18 à 70 ans, venant de tous les milieux, dotée d’une grande ouverture d’esprit, assez fortunée pour pouvoir voyager d’un événement à un autre. Il ne faut pas oublier la clientèle locale, qui se caractérise par sa créativité et son aptitude à créer elle-même ses personnages.

Être. Qu’est-ce qui rend Montréal si populaire auprès des communautés fétichistes ?

E.P. Ce que les autres villes ont en argent, nous l’avons en ingéniosité et en créativité. Les Montréalais ont développé des aptitudes d’hospitalité peut-être pas uniques au monde, mais rares. Il y a également une industrie de la création, du vêtement, du maquillage, de la photographie, du modelage qui se développe à Montréal. Ça explose ! On est comme Londres au début des années 80. Je ne dirais pas que l’on est meilleur, mais en tenant compte du bassin de population, on fait également des choses extraordinaires.

Être. Le Week-end fétiche fait certes partie de la grille calendaire de Tourisme Montréal, mais avez-vous le sentiment qu’il est bien connu du grand public ?

E.P. Non. Dans un événement qui offre autant de potentiel touristique, on n’aura jamais assez de promotion ou de visibilité pour lui donner sa juste valeur. À San Francisco, le Folsom Street Fair rassemble 300.000 personnes. Si un événement de cirque peut atteindre de ce niveau, il n’est pas impensable que le Week-end fétiche, bien établi dans le Village gai, puisse en faire autant si les autorités municipales ou provinciales tendent l’oreille.

Plus d’informations : fetishweekend.com

Crédit photo : Emilio A.K.A. El Negro.