Wakefield: La belle vie pour tous

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escapade_tourisme_gai_wakefield_outaouaisÀ 20 minutes d’Ottawa et à peine deux heures de Montréal, Wakefield est un petit paradis situé dans le parc de la Gatineau. On y va par amour de la nature et du plein air mais aussi pour retrouver un rythme tranquille et une ambiance conviviale.

La Gatineau longe ce petit village. À quelques minutes en voiture, on y trouve la belle plage du lac Philippe. Wakefield se veut officiellement bilingue, mais on y entend parler principalement l’anglais. En effet, ce village a été bâti en 1830 par des immigrés anglais, irlandais et écossais.

Wakefield vit du tourisme culturel, vert et gastronomique. La scène musicale et artistique est très vivante, attirant des touristes tant en été qu’en hiver.

« C’est un village très ouvert et homosympa », explique Dominic Rintul, propriétaire de la Maison Earl, un pub irlandais. On mange bien chez lui, un croque monsieur délicieux et des chips tortillas accompagnées de sauce salsa pour 10 dollars. Il me dirige de l’autre coté de la rue, chez Christian Chartrand qui tient CC Sushi.

Un mariage gai qui remue

Cet homme charmant tient son restaurant depuis deux ans et réside ici avec son partenaire depuis cinq ans et demi. « J’habite à Mont Cascade. Venant de la ville, j’avais besoin de paix et de calme. Je voulais simplifier ma vie. Du coup, j’ai ouvert un petit restaurant de sushis, et ça marche bien. »

Marilou Lapain a une histoire semblable, elle qui a débarqué à Wakefield il y a dix ans. Elle se dit aujourd’hui épanouie grâce aux gens et à l’ambiance. « Je me suis installée ici pour la scène musicale. En plus, c’est près d’Ottawa où je travaille en tant que conseillère dans un foyer d’accueil pour adultes handicapés. »

« Avec mon mari, Éric, nous sommes déménagés ici en 2000, raconte de son côté Scott Hébert-Daly. À l’époque, il était directeur national du NPD, et moi professeur au lycée, ce qui fait qu’on était tous les deux stressés et très occupés. On a loué une voiture et puis on a exploré la région. On est tombé amoureux du village dès qu’on l’a vu. »

En 2006, le mariage des deux hommes s’est même inscrit dans l’histoire du village, créant toute une controverse. Alors qu’ils voulaient s’unir dans l’Église Unie du Canada de Wakefield, ils ont dû se contenter de la municipalité de Chelsea. « Une petite minorité a créée un problème, explique Scott. Elle ne nous a pas permis de nous marier dans le refuge de notre église. Le reste du village était fâché. C’est devenu un moment décisif pour les gens du village, les artistes, les hippies, tout le monde. »
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« Pas besoin de marche des fiertés »

Finalement, plus de 250 personnes sont venues au mariage, dont beaucoup de villageois que les mariés ne connaissaient pas. Aujourd’hui, la nouvelle pasteure de l’église, D’thea Webster, est lesbienne. « On avait peur que ça ramène de vieux souvenirs, mais en fait non », conclut Scott.

À Wakefield, la communauté LGBTQ n’est pas militante, mais pas pour autant invisible. Les gens sont tout simplement ouverts et accueillants, quelle que soit ta sexualité.

« Si on se retrouve [au Kafé 1870] ou n’importe où, les gens disent bonjour, indique Christian. On est des gens comme les autres Il n’y a aucune différence ». « Éric, mon mari, m’offre des fleurs en public, renchérit Scott. Les gens s’en foutent. »

Il y a bien eu l’association GLOW (Gay, Lesbian Of Wakefield). Elle n’a duré que le temps d’une rencontre. Pourquoi ? « On l’a fait et on s’est rendu compte qu’on en avait pas besoin, répond Marilou. C’était pareil à que ce qu’on faisait déjà. Ce village, c’est comme une grande famille. Il n’est pas nécessaire d’avoir un truc spécifiquement homo. Juste d’une famille aimante. »

Bref, c’est un peu ça l’esprit de Wakefield. Tout le monde se rassemble pour manger, discuter, écouter de la bonne musique en toute tranquillité et sans complexe. Que tu sois grand, petit, noir, blanc, homo ou pas, ce n’est pas important. « On n’a pas besoin de marche des fiertés », renchérit Christian.

On peut se tenir la main, s’embrasser, sans choquer les villageois. Quant aux endroits à visiter, le Moulin de Wakefield a des belles chambres, des forfaits intéressants et un spa relaxant. L’auberge la Grange est très romantique et offre aussi des cours de yoga dans son loft.

Quand on est à Wakefield, on ne peut pas rater l’Auberge Mouton Noir (mieux connu sous le nom anglophone, The Black Sheep Inn) qui présente une scène musicale renommée. Pour une ambiance plus détente, Le Hibou est un bar-café retro avec un menu végétarien et poisson, et des soirées cabaret délicieuses. Le fameux Kafé 1870 constitue un des lieux préférés des locaux. Enfin, n’oubliez pas que lorsque le train touristique de Wakefield passe à côté, il faut faire signe de la main, c’est une coutume locale.

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