Village: une pétition pour la sécurité réunit 2000 signatures

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L'itinérance dans le Village

À la caisse de son magasin, Ghislain Rousseau reçoit les remerciements d’un client pour son intervention. « Je reçois d’autres témoignages depuis le dépôt de cette pétition à la mairie de l’arrondissement. J’ai l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pandore. La parole se libère, car les commerçants comme les résidents sont touchés ».

Il revient sur l’évènement déclencheur de sa pétition : « Un soir, j’ai entendu un bruit excessif dans la rue. C’étaient trois itinérants, dont l’un était très intoxiqué, il avait de la difficulté à marcher. Il s’est effondré devant ma boutique et quand j’ai voulu le retenir, il a cru que je l’agressais et il s’est jeté sur moi. » Interpellant les cadets de police, ceux-ci indiquent à M. Rousseau, à sa grande stupeur, qu’ils ne peuvent pas faire autre chose que d’aider l’homme à s’asseoir ailleurs et qu’il doit lui-même appeler le 911.

Lutter contre le narcotrafic, aider les démunis

La pétition débute en demandant « un accroissement de la présence policière dans le secteur du Village Gay de Montréal » ; Ghislain Rousseau s’explique. « Il est impératif de lutter contre les revendeurs de drogues. Ils créent de la demande et les itinérants, devenus accrocs, doivent voler pour se fournir en crack ou crystal meth ».

Pourtant, il convient que le problème de fond ne sera pas uniquement réglé en augmentant les moyens policiers. Ghislain Rousseau distingue les problèmes de délinquance (vols, agressions verbales ou physiques), de l’itinérance, quelle soit économique, saisonnière ou psychiatrique. Des problématiques différentes qui exigent des réponses adaptées, alors que les centres communautaires voient leurs subventions diminuer.

Ghislain Rousseau met toutefois en garde contre la tentation de déplacer les itinérants dans un autre quartier. « Cela fait 11 ans que l’on a des tables de concertation, sans résultat. Il faut régler le problème de l’itinérance de façon créative, en les réinsérant professionnellement, en créant des écoles de rues. Il faudrait également améliorer l’éclairage des parcs et squares du quartier. Pourquoi ne pas installer des caméras ? Celles de la place Dupuis ont eu un effet dissuasif », estime-t-il.

Son but ? Que les gens se réapproprient ce quartier afin qu’il conserve son identité mixte et respectueuse, tout en aidant ceux qui en ont besoin. « Il y a un vrai désir de changement de société chez les gens. C’est le bon moment pour agir », affirme-t-il. Depuis le dépôt de la pétition, les commerçants remarquent que la police est davantage présente sur la rue Sainte-Catherine. Mais ils craignent que ça ne soit qu’une mesure aussi peu efficace que provisoire, le temps que la pression retombe.

Crédits photo (flickr) : bobjagendorf