Une vie gaie dès le XIXe siècle – Le vieux Saint-Jean

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Ville de garnison, ville dans l’axe achalandé qui relie les métropoles canadienne et américaine, ce n’est pas d’hier que la vie gaie s’affirme à Saint-Jean-sur-Richelieu. En 1892, la découverte d’un club de rencontres gaies dans cette petite ville de campagne fait scandale jusqu’à New York comme le rappellent les Archives gaies du Québec. Un curé du lieu fulmine en chaire contre un groupe curieusement nommé « Le club des manches de ligne », dont la vingtaine de membres auraient des pratiques « contre-nature ». Suite à cette dénonciation, le maire de la ville fait appel à une agence de détectives pour piéger les coupables. Quatre d’entre eux sont accusés « d’assaut indécent » et arrêtés, même si l’on doit rattraper à Montréal l’un d’eux, un avocat qui avait tenté de s’échapper en sautant dans le train du matin. À son retour le soir même, environ trois cent de ses concitoyens l’attendent à la gare pour le lyncher, mais heureusement les policiers qui l’accompagnent le protègent. Après leur remise en liberté moyennant de fortes cautions, les quatre compagnons s’enfuient, probablement avec la complicité des autorités qui ne s’attendaient pas à ce que le scandale franchisse les frontières. Si vous interrogez le muséologue au Musée du Haut-Richelieu, il pourra vous en dire plus sur les acteurs et lieux de ce drame qui s’est déroulé à proximité du Musée.
Nos lois et nos moeurs ont bien changé depuis, mais cette histoire nous rappelle que la répression qui est chose du passé chez nous, mais encore bien vivante dans bien des pays à travers le monde, n’est pas si loin de nous.