Une séparation : l’honneur, plus fort que la vérité

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Une séparation film Iran Oscars

Une séparation s’ouvre sur un couple devant le juge, cherchant à régler un litige. La femme souhaite le divorce parce que son mari refuse de quitter le pays avec elle. Il refuse parce qu’il a la charge de son père malade atteint de la maladie d’Alzheimer. Ce processus de divorce amène l’épouse à quitter la maison et force le mari à engager une aide-soignante.

Cette femme d’origine plus modeste, très fidèle aux enseignements du Coran tente tant bien que mal de s’occuper du vieillard qui lui donne du fil à retordre. Un jour, elle s’absente en laissant le patient seul à la maison. L’homme revient plus tôt chez lui, trouve son père par terre dans sa chambre. Furieux, il congédie son employée qui refuse de quitter sans être payée. Excédé, il la pousse à travers la porte. La femme tombe dans les escaliers. Elle se retrouve à l’hôpital, victime d’une fausse couche et l’homme est accusé de meurtre sur le fœtus.

Interprètes exceptionnels

Au fil de son œuvre, Farhadi déjoue le spectateur en ne lui laissant pas, avant le toute fin, se faire une idée fixe de la vérité ultime de cet accident. Il retourne sans cesse la situation obligeant le spectateur à nuancer les déclarations de chaque personnage. Le film illustre aussi un peuple orgueilleux, obsédé par la notion d’honneur.

La qualité de tous les interprètes du film est exceptionnelle. On croit à la douleur et aux déchirements psychologiques de chacun d’entre eux. Visuellement, le réalisateur opte pour une lumière crue et une facture visuelle brute, au grain texturé, donnant au tout un réalisme saisissant.

On dit Une séparation favori dans la course aux Oscars 2012. Le film d’Asghar Farhadi mérite bel et bien le succès critique qu’il génère. On lui pardonnerait même de ravir à Monsieur Lazhar la statuette dorée. L’honneur serait largement mérité.