Une décision de l’ONU provoque un tollé chez les LGBT

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Ce sont quelques mots qui font une énorme différence dans le contenu de la résolution des Nations unies condamnant les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires. Le 12 novembre, la Troisième commission de l’ONU a décidé d’éliminer la phrase permettant d’enquêter sur les affaires liées à « la discrimination, notamment fondée sur les préférences sexuelles ». Ce passage est désormais remplacé par «la discrimination, quel qu’en soit le fondement». Depuis 10 ans, pourtant, l’orientation sexuelle était explicitement mentionnée dans la résolution.

Les pays homophobes ont la côte…

Pourquoi un tel revirement de situation ? A première vue, pour faire plaisir à des États réactionnaires et homophobes. La commission a en effet voté pour un amendement demandant cette modification lexicale. Un amendement présenté par le Mali et le Maroc, pays connus pour leur intolérance vis-à-vis des LGBT. Au final, il a été adopté par 79 voix contre 70. La majorité des pays africains et arabes ont voté pour. Ce texte a ensuite été approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU par 165 voix (dix pays se sont abstenus).
Peter Tatchell, célèbre militant LGBT britannique parle d’«un jour de honte dans l’histoire de l’ONU». De son côté, Louis-Georges Tin, fondateur de la journée mondiale contre l’homophobie, évoque «un amendement honteux [qui] s’inscrit dans la stratégie que mènent les pays les plus homophobes dans les instances internationales».
En décembre 2008, la France et les Pays-Bas avaient présenté à l’ONU un énoncé portant sur la dépénalisation universelle de l’homosexualité. 66 pays – un tiers des pays-membres des Nations Unies – avaient soutenu le texte. Une contre-déclaration, sous influence de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), avait été rédigée. Elle avait recueilli le soutien de 57 États…
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