Un prêtre argentin pro-mariage gai destitué

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Nicolas Alessio

Le religieux argentin de 53 ans, ayant soutenu la légalisation du mariage homosexuel, s’est vu jugé sévèrement par ses pairs lors d’un procès canonique sans précédant. « Ils m’ont condamné et expulsé parce que je pensais différemment » a-t-il conclu.
Très critique face à l’institution qui le désavoue, le prêtre destitué dirige son offensive contre la crédibilité de l’Église catholique, évoquant divers scandales qui l’ont déjà éclaboussée. Il relève entre autres qu’il a été sanctionné par cette «même Église qui n’a pas réprimandé des prêtres pédophiles» condamnés par la justice pour abus sur mineurs.

Impunité de clercs criminels et ingérence de la hiérarchie catholique

Il rappelle aussi que la hiérarchie catholique argentine n’a jamais sanctionné le prêtre Christian von Wernich, pourtant incarcéré depuis 2003 et condamné en 2007 à la prison à perpétuité pour des crimes contre l’Humanité. Ce dernier a agi comme aumônier de la police de Buenos Aires pendant la dictature militaire de 1976 à 1983 qui a fait 30.000 morts et disparus, selon les organisations de défense des droits de l’Homme.
De plus, selon Nicolas Alessi, l’Église fait preuve d’ingérence en soutenant une position aussi conservatrice, brimant la liberté d’expression des ecclésiastiques sur une question pourtant d’ordre civil. «La hiérarchie de l’Église se croit tellement maîtresse de la vérité qu’elle pense pouvoir dire le dogme sur les affaires civiles qui échappent à la sphère religieuse», a-t-il affirmé.

Le mariage gai légalisé en juillet 2010

Malgré l’opposition de la hiérarchie catholique, le Sénat argentin a légalisé le mariage homosexuel en juillet dernier, faisant du pays, où le catholicisme est pourtant ultramajoritaire, le premier en Amérique latine à adopter une telle législation.
Cette percée a notamment ouvert la porte aux éventuelles du droit à la sécurité sociale et à des allocations ainsi que des jours de congés pour la vie familiale.