Un « festival de l’émotion » à Trois-Rivières

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Pour une rare fois, il y aura un thème cette année au festival international de poésie de Trois-Rivières. En effet, on consacrera la majorité des textes à des poètes emprisonnés aux quatre coins du globe. On dédiera ces écrits à ceux dont la pensée diffère du pouvoir en place. « Ce sera seulement pour cette année, nous assure le président Gaston Bellemare, car on aime entendre les voix uniques de nos poètes et écouter ce qu’ils veulent nous raconter, ce qu’ils ont à nous dire. D’emblée, on sait qu’on n’imposera pas de thèmes pour les prochaines éditions. Pour la 30e édition, évidemment, on se délectera de prix spéciaux et on innovera », confie-t-il en se gardant bien de nous révéler trop de surprises.

L’égalité parmi les poètes

Pour en revenir à l’édition de cette année, le président, « gourmand de poésie depuis 40 ans », est très enthousiaste à l’idée de recevoir des poètes avec des styles très éclectiques qui suggèrent une égalité, une justice sociale parmi les différences de chacun. « C’est très important pour nous d’avoir un nombre égal de femmes et d’hommes qui participent en tant que poètes-invités. Comme ça amène une richesse supplémentaire d’accueillir encore une fois les Jean-Paul Daoust et Germaine Beaulieu, membres de la communauté LGBT, qui sont des piliers et des exemples d’ouverture », nous raconte-t-il en prenant le temps de spécifier que d’autres membres de la communauté gaie font partie intégrante de ce vaste projet.

Le monde bien représenté

Celui qui a travaillé en collaboration avec plus d’une cinquantaine d’éditeurs dans plus de dix-sept pays parle d’une centaine de poètes qui seront en action dans le but de « redonner la poésie au public. » Même s’il avoue qu’il est parfois difficile de confirmer la présence de ces auteurs qui viennent de Turquie, de Russie, d’Iran, d’Iraq (en raison de certains visas et des frais de voyage), M. Bellemare se dit emballé à l’idée de remplir les cafés, les bars, la maison de la Culture pendant les 10 jours, totalité de la durée du festival : « rendre les gens heureux, ça n’a rien à voir avec le compte en banque. Les mots du quotidien ne peuvent pas dire ce que nous ne voyons pas. C’est un réel festival de l’émotion. Depuis 3-4 ans, on va vers les groupes sociaux qui ont des difficultés. Un cardiologue s’est même installé ici parce qu’une femme qui suivait de la chimiothérapie le matin se sentait bien l’après-midi, à venir écouter la poésie de ces artistes de talent et de renom. »

Précisant que des critères de sélection sont très sévères dans ce genre de festivals existant partout sur les cinq continents, M. Bellemare avoue son bonheur d’inviter des poètes d’Amérique latine (Mexique, Argentine, Colombie, etc.) où les vieilles langues sont riches, une poétesse de l’Estonie membre de PEN club, ou encore la poète en exil ici au Québec Jaleh Chegeni, dont le dynamisme de la langue est un appareil évolutif constant.

Plus de 40 000 personnes sont attendues sur différents sites proposant plus de 350 évènements au courant de ces journées où Trois-Rivières devient la capitale de la poésie.

Festival international de la poésie de Trois-Rivières
Du 28 sept. au 7 oct. 2012

fiptr.com