Un élève gai porte plainte contre son école pour discrimination

Par  |  Aucun commentaire

Christopher Karas, étudiant à l’école secondaire catholique Sainte-Famille, à Mississauga, a déposé le 5 février dernier une plainte contre son école et le Conseil scolaire de discrit catholique Centre-Sud au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario. Décrivant la discrimination dont il est victime, en raison de son homosexualité et de son militantisme pour la cause LGBT.

En mars 2012, Christopher présente l’idée de créer une Alliance gais-hétéros au sein de l’établissement. La direction aurait précisé à Christopher que le Conseil scolaire ne croit pas qu’un tel groupe soit conforme à l’enseignement catholique.

En septembre 2012, Christopher s’oppose à suivre un cours de religion que l’école considère obligatoire alors que l’article 42 (12) de la Loi sur l’éducation stipule qu’aucun élève ne doit être obligé de suivre un cours d’études religieuses s’il en fait une demande écrite.

 Puis, durant un cours, son professeur de psychologie affirme que les couples homosexuels sont exclus de la structure familiale. Quand Christopher et d’autres élèves contestent, l’enseignant leur aurait répondu: «ceci est une école catholique et les couples homosexuels ne sont pas inclus dans les structures familiales». Un autre enseignant aurait changé de chambre des élèves qui ne voulaient pas dormir dans la même pièce que lui lors d’un voyage scolaire.

En octobre 2013, le roman Poison, de Doric Germain est à l’étude en classe de français. Un personnage secondaire est décrit comme un gai qui boit et se drogue. Selon l’avocat de Christopher, le livre sous-tend que les homosexuels ne peuvent pas mener une vie saine et productive. 

Et lorsque le jeune homme se plaint du contenu «homophobe» de Poison, la direction de l’école lui aurait répondu que l’institution n’a pas à censurer la littérature. Pourtant, lorsque l’élève demande à l’école d’inclure un livre présentant une image positive des gais, on lui répond que cela va à l’encontre des politiques de l’école.



Suite au manque de soutien et d’enthousiasme de son établissement scolaire face à la création d’une Alliance gais-hétéros, le 4 novembre 2013 Christopher crée Porte ouverte, encouragée par le gouvernement provincial dans sa nouvelle «Loi pour des écoles tolérantes». 

L’institution catholique Sainte-Famille refuse d’imprimer les affiches jusqu’à enlever toutes celles que Christopher aura lui-même poser, prétextant le contenu tendancieux de la citation du militant Harvey Milk «Tous les jeunes gens, sans égard à leur orientation ou identité sexuelle, méritent un environnement sécuritaire et de soutien dans lequel ils peuvent s’épanouir pleinement

Christopher Karas alerte alors les médias, dont le Toronto Star et le journal gai Xtra.

Le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud se défend d’avoir discriminé son élève. Selon l’institution scolaire, il n’y a eu aucune violation du Code des droits de la personne et aucune réparation n’est due à l’élève: « Les allégations faites par l’individu auprès du tribunal sont sans fondements et nous demandons qu’elles soient rejetées par le tribunal », et poursuit « qu’aucun membre du personnel n’a tenu de propos discriminatoires ou homophobes en salle de classe ».

Il affirme aussi que « la demande de création d’un groupe inclusif a été accordée dans un délai raisonnable et que le groupe « Porte Ouverte » est entièrement appuyé y compris sur le plan financier ».

Le jeune Christopher Karas espérait une réaction plus constructive du conseil, donnant l’occasion de reconnaître les torts et de rectifier la situation. « À ce point-ci, c’est pas mal certain qu’on va se retrouver en cour », dit-il.

L’élève réclame 25 000 dollars de dédommagement, une lettre d’excuses du conseil scolaire et l’adoption de sept mesures pour rendre ses écoles plus accueillantes pour les élèves homosexuels, comme des cours de sensibilisation pour les enseignants et l’aménagement de salles de toilettes mixtes.

La procédure et les audiences pourraient prendre plusieurs mois et le verdict ne pas tomber avant un an.