Taiwan : plus de 30.000 personnes pour la fierté de Taipei

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« Discrimination dehors !», mot d’ordre de la marche des fiertés de Taipei, a fait mouche. Des dizaines de milliers de personnes (aucun chiffre officiel n’a pour l’heure été arrêté par les autorités) ont répondu à l’appel des organisateurs, renforçant la réputation de « plus grande manifestation GLBT d’Asie » de l’événement mis en place pour la huitième année consécutive.

Certes, l’aspect festif n’avait pas été oublié, mais les récentes agressions contre des homosexuels restaient encore dans les esprits. Ces événements rappellent les efforts qui doivent encore être faits pour la communauté, bien qu’en l’espace de quelques années, le nombre de participants à la fierté soit passé de … 228 en 2003 à 30.000 en 2010 (un record apparemment dépassé cette année).

« La discrimination contre les LGBT peut sembler avoir diminué, mais en réalité elle est toujours là. C’est seulement sa forme qui a changé, il y a eu une mise à jour », explique A-Cheng, l’un des organisateurs. Dit autrement, le temps des insultes explicites est terminé, pour laisser la place à des « Je n’ai pas de problèmes avec les gais, mais… ».

Pour A-Cheng, « ce qui vient après le mais pourrait être : « je ne pense pas que les gais doivent pouvoir être mariés légalement » ou « je ne pense pas qu’on devrait enseigner l’homosexualité à l’école », ou encore quelque chose du même genre qui reste de nature discriminatoire ».

Les promesses étaient « des conneries »

De son côté, J.J. Lai, co-fondateur de la première fierté, a critiqué l’absence d’actions concrètes de la part du monde politique, à commencer par le président Ma Ying-jeou, J.J, Lai l’accusant de ne pas avoir tenu sa promesse de promouvoir les droits des LGBT, faite au moment de sa campagne il y a quatre ans. « C’était des conneries », dit-il aujourd’hui.

La rivale du président sortant pour la prochaine élection, Tsai Ing-wen (parti progressiste), déçoit aussi : certes, elle a promis de légaliser le mariage entre couples de même sexe, mais uniquement « quand il y aura un consensus dans la société ». « S’il y a un consensus social, pourquoi aurait-on alors besoin de vous, les politiciens, pour soutenir cela ? », s’insurge J.J. Lai.

Bref, la marche des fiertés du 29 octobre était donc infiniment politique, d’autant que des demandes d’interdire aux homosexuels le droit de donner leur sang ont resurgi ces derniers jours, suite à un scandale. Un hôpital a ainsi commis une grave erreur en transplantant les organes d’un donneur séropositif individuel à cinq personnes, réveillant dans le même temps le vieux réflexe « Sida = gais ». Les associations GLBT ont immédiatement dénoncé ces positions.

Crédits photo: 羅yc