Suisse: renvoyé dans son pays, un gai iranien crée la polémique

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La Suisse expulse un Iranien gai

«L’homosexualité n’est pas rare dans la société iranienne et la discrimination systématique n’a pas été décelée». Voilà l’argument avancé par le Tribunal administratif fédéral (TAF) qui expliqué, le 14 février, sa décision de ne pas reconsidérer l’expulsion d’un gai iranien âgé de 35 ans.
Arrivé en Suisse depuis 2000, en couple depuis 2004 avec un Bernois avec qui il a même signé un partenariat (l’équivalent du PACS dans le pays) en 2008, l’homme a cependant été condamné à deux ans de prison avec sursis pour trafic de drogue. C’est suite à cette décision de justice qu’il s’est vu refuser le renouvellement de son permis de séjour sur le sol suisse.
Il a décidé de faire appel de ce refus devant différentes instances, avant de s’adresser au TAF. Sans succès.

La solution : vivre son homosexualité discrètement…

Pour le tribunal, être gai serait «toléré dans la vie de tous les jours» en Iran. «Dans la pratique, l’homosexualité est tolérée par les autorités quand elle n’est pas pratiquée ouvertement et de façon offensive», ose même le tribunal. En clair: c’est au gai de s’adapter au régime islamiste.
Cette position a fait bondir Amnistie Internationale pour qui «il n’est pas acceptable que le tribunal déclare que s’il [l’Iranien] dissimule son homosexualité, il n’aura pas de problèmes […] Etre contraint d’abandonner ou de dissimuler son orientation sexuelle » peut en soi « constituer une persécution», a déclaré l’Organisation non gouvernementale à l’Agence France presse.
En 2007, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait été jusqu’à expliquer à des étudiants américains que l’homosexualité n’existait pas dans son pays. Dans la pratique, les gais et lesbiennes sont soumis à un très violent harcèlement de la part des autorités, le régime iranien n’hésitant pas à les jeter en prison et même à les condamner à mort, la plupart du temps pour viol.
Crédits photo: Ramon Stoppelenburg.