Suicide des jeunes : la diatribe de Rick Mercer très commentée

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Le cadre est le même que celui de ses précédents capsules : Rick Mercer marche d’un pas vif dans une ruelle tagguée de Toronto, déclamant son message politique, égrené de quelques saillies sarcastiques. Pourtant, la semaine dernière, le message s’est fait plus engagé et le ton plus véhément: « Chaque année dans ce pays, 300 jeunes enfants s’ôtent la vie, un nombre ahurissant ».

L’un des derniers suicides en date, qui a suscité beaucoup d’émotions, est celui de Jamie Hubley, 15 ans. Rick Mercer y fait référence en parlant du harcèlement dont l’adolescent fut victime.

Poursuivre les harceleurs, davantage de modèles gais

Pour l’animateur ouvertement gai, envoyer des conseillers en soutien psychologique est utile, mais il faut aussi que « les policiers se pointent, que ça barde un bon coup et qu’ils arrêtent ceux qui sont responsables » de harcèlement. Il ne suffit plus, selon lui, de dire aux enfants qui souffrent que « It gets better » – ça ira mieux, en référence au projet de Dan Savage, auquel il avait contribué avec une vidéo enregistrée dès 2007.

Chaque personne doit permettre d’améliorer les choses maintenant, considère-t-il. Une invitation qui vaut également pour les gais, lui qui dit en connaître chez les policiers, les soldats, les athlètes ou les membres du Cabinet. « Vous n’avez pas besoin de courir dans tous les sens avec un drapeau gai et horripiler tout le monde avec cela, mais vous ne pouvez plus être invisibles. Plus maintenant ».

Des réactions plutôt positives

Le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé, cite l’humoriste de Tout le monde en parle, Dany Turcotte, qui estime, bien qu’il manque de personnalités ouvertement gaies au Québec, que l’on « ne peut forcer personne à sortir du placard ». Un point sur lequel est revenu Rick Mercer, interrogé par la chaîne CTV, en expliquant qu’il ne soutenait pas le outing, mais qu’il y a besoin d’avoir plus de personnes ouvertement gaies. « On pleure pour avoir un joueur de hockey ! Un hockeyeur en vaudrait 10 comme moi, qui suis un bouffon à la télévision », a-t-il plaisanté.

L’humoriste dit avoir reçu quelques critiques sur le fait qu’il ne mettrait pas suffisamment en avant son homosexualité mais s’en défend, en indiquant qu’il s’est d’abord efforcé d’être visible. « Quand je suis sur un char de la fierté avec un pistolet à eau, ce n’est pas pour prendre des chèques ! », a-t-il déclaré, regrettant qu’il ait besoin de faire plusieurs fois son coming out.