Serbie : l’annulation de la marche des fiertés très critiquée

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Les homophobes serbes peuvent se frotter les mains. En annulant la fierté de Belgrade qui devait se dérouler dimanche dernier, le gouvernement serbe a montré que les menaces des extrémistes avaient le pouvoir d’interdire aux militants LGBT la possibilité de faire valoir leurs droits.

Les organisateurs de l’événement ont bien sûr fait part de leur déception, d’autant que lors de leur dernière réunion avec la police locale, rien ne laissait entendre qu’une annulation était dans l’air du temps. Ces derniers mois, les autorités serbes avaient assuré que la marche des fiertés aurait lieu, afin notamment de donner une bonne image du pays à l’étranger. La Serbie souhaite en effet intégrer l’Union européenne. L’an passé, la marche des fiertés s’était déroulée dans un climat délétère. Des affrontements avaient fait quelque 150 blessés.

Le pouvoir a « échoué », selon l’UE

L’UE n’a pas tardé à réagir suite à l’annulation, par l’intermédiaire du rapporteur du Parlement européen pour la Serbie. « Je regrette profondément la décision du gouvernement serbe, a affirmé Jelko Kacin. Ce qui était en jeu ici était de savoir si les institutions étaient en mesure d’assurer l’État de droit dans le pays. Elles ont échoué à le faire ».

Outre les instances européennes, la presse serbe se veut très dure avec son gouvernement. L’arrestation d’une vingtaine d’extrémistes pendant la fin de semaine n’y change rien. Le caricaturiste d’un quotidien très lu dans le pays a dénoncé l’attitude du pouvoir en dessinant un édifice gouvernemental où flottait le drapeau d’un mouvement ultra-nationaliste.

Crédits photo: Limbic