Quand la prix Nobel de la paix 2011 défend les homophobes…

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Plutôt mal à l’aise Tony Blair. L’ancien premier ministre britannique a donné il y a quelques jours une entrevue conjointe avec Ellen Johnson Sirleaf au Guardian, alors qu’il se trouvait la semaine dernière au Libéria dans le cadre de sa fondation Africa Governance Initiative (AGI) qui vient notamment en aide à cet État d’Afrique de l’Ouest. Il a refusé de commenter la position de la présidente concernant la loi homophobe en vigueur dans le pays.

La législation actuelle prévoit jusqu’à un an de prison pour les cas de « sodomie volontaire ». Interrogée sur l’éventualité d’en finir avec cette loi, la présidente a catégoriquement rejeté une telle idée: « Notre société défend certaines valeurs et nous voulons les préserver […] Nous nous aimons tels que nous sommes ».

Si l’homosexualité n’est pas clairement nommée et ciblée par cette loi, des changements importants pourraient bientôt intervenir. Un texte du député Clarence Massaquoi veut « amender le code pénal pour qu’une personne soit reconnue coupable de félonie au second degré si il ou elle « séduit, encourage ou favorise toute personne du même genre afin d’avoir des relations sexuelles [avec lui ou elle] ou encore si il ou elle cherche activement à éveiller chez une autre personne du même genre le désir de relations sexuelles », raconte The Guardian. Ces personnes risqueraient alors jusqu’à cinq ans de prison.

Conséquence d’une menace américaine

L’autre projet de loi, déposé par l’ex-femme de l’ancien président Charles Taylor (entre autres accusé de crimes contre l’Humanité), veut condamner toute personne contractant un mariage gai, prévoyant jusqu’à dix ans de prison.

Selon The Guardian, alors qu’aucune sentence pour homosexualité n’a été prononcée dernièrement au Libéria, le débat sur les droits GLBT resurgit suite à une déclaration de la diplomatie américaine. En décembre 2011, la secrétaire d’État Hillary Clinton avait expliqué que les décisions sur les aides financières allouées par les États-Unis aux pays étrangers prendraient désormais en compte la manière dont ceux-ci traitent les gais, les lesbiennes et les trans. Depuis, « la presse libérienne a publié de nombreux articles et éditoriaux décrivant l’homosexualité comme une « profanation », un « abus » et une « abomination ».

Crédit photo : Fotos Gov/Ba.

1 Comment

  1. sylvainj

    20 mars 2012 at 5h28

    C’est tellement décevant de sa part :(

    Est-ce que la fondation qui gère les prix Nobel a prévu quelque chose pour le retirer ?