Quand Boy George remet les clichés homophobes à leur place!

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« Les homophobes sont obsédés par ce que les homosexuels font au lit. » Interrogé au mois d’avril dans l’émission française On n’est pas couché, Boy George a rappelé que la vie des gais ne se résumait pas à leur sexualité. Une réponse qui a particulièrement plu à la presse qui a relaté l’opinion de la pop star. En tant qu’homosexuel, il en a marre d’être interrogé sur ce qu’il fait au lit.

La star anglaise de la chanson, qui a connu la gloire mondiale dans les années 80 avec son groupe Culture Club, est réputée pour son humour décapant, son excentricité et son franc-parler.

À la sortie de son nouvel album Live Your Life, après une longue période de silence causée par une véritable descente aux enfers dont il s’est très bien remis, il avait déclaré à la presse :

« Être gai, en général, cela ne prend que six heures par semaine ! Pour le reste, on est tous dans le même bateau avec du boulot, des factures, des chiens, des chats et j’en passe. »

Boy George remet, avec beaucoup d’humour et de répartie, quelques clichés homophobes à leur place :

« Vous savez, les homophobes sont obsédés par ce que les homosexuels font au lit. Ils ne pensent qu’à ce que l’on fait au lit. Ils ne pensent pas qu’on a des vies au-delà de ce que l’on fait dans nos chambres. Et donc ce que je voulais dire tout simplement, c’est que si j’ai de la chance, peut-être que trois heures par mois… Et encore j’exagère, je ne fais pas l’amour aussi souvent et aussi longtemps que cela. Je pense que c’est la même chose pour les hétéros. Ce n’est pas comme si on passait notre vie à faire l’amour! On a quand même des carrières, des factures à payer, il faut qu’on aille voir nos mères, il faut que l’on s’occupe de nos animaux domestiques… Il y a quand même des gens qui sont obsédés par le sexe, faut arrêter. Prenez une tasse de thé ! »

De quoi en remettre quelques uns à leur place! Et c’est pourtant tellement vrai. La vie des homosexuels ne diffère pas de celle des hétérosexuels, malgré certains clichés regrettables qui ont la vie dure.

C’est ce qui a interpellé Giuseppe Di Bella, historien et journaliste notamment au Nouvel Obs, qui développe les propos du chanteur avec pertinence :

« Nous ne passons pas notre vie au lit à faire l’amour. Et ce que nous y faisons nous regarde. Et personne d’autre. Cela relève du domaine de la sphère strictement privée. Et pourtant, cette vie, que l’on peut qualifier d’affreusement banale, fascine beaucoup les homophobes. Parfois jusqu’à l’obsession. C’est quelque chose que je n’ai jamais compris et que je trouve malsain. J’ai l’habitude de mettre ça sur le compte d’une homosexualité refoulée ou mal assumée. C’est souvent ce qui explique l’homophobie viscérale de certaines personnes. »

Il décrit une anecdote qui, hélas, nous parle à tous :

« Il m’est arrivé, comme je suis persuadé que c’est le cas pour de nombreux homosexuels, d’être questionné sur mes pratiques sexuelles par des personnes que je rencontre pour la première fois et qui n’ont jamais eu l’occasion de discuter réellement avec un gai, souvent après un dîner un peu trop arrosé. À croire qu’il n’y a que le sexe qui intéresse les homosexuels ! J’ai toujours trouvé que de telles questions étaient totalement déplacées et dénuées de tout intérêt. Dans ces moments là, j’essaie de détourner la conversation et de l’orienter sur d’autres sujets. »

Le chroniqueur engagé conclut intelligemment :

« L’homosexualité n’est pas juste qu’une question de sexe. C’est beaucoup trop réducteur. Il y a aussi de l’amour, de l’affection, de la tendresse et de la complicité dans les relations que nous pouvons nouer au cours de notre existence.
Hétéros ou homos, nous avons les mêmes préoccupations matérielles, les mêmes obligations familiales, les mêmes soucis de la vie quotidienne. Finalement, il n’y a pas grand-chose qui nous différencie. Si ce n’est que nous n’avons pas la même orientation sexuelle et affective. Mais, après tout, est-ce si important ? »