Pussy Riot : deux ans de camps pour les féministes anti-Poutine

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Pussy Riot : deux ans de camps pour les féministes anti-Poutine

Les nostalgiques de l’Union soviétique pourront toujours se réjouir de cette décision de la justice russe, tout droit sortie de l’URSS. Maria Alekhina, 24 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans et Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, membres du groupe punk Pussy Riot, ont été condamnées à deux ans de camp par une magistrate de Moscou, pour « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse », après un bref procès considéré comme une mise en scène risible par la plupart des observateurs.

Le 21 février dernier, le groupe féministe avait fait irruption dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou pour y interpréter une chanson contre Vladimir Poutine, « Marie mère de Dieu – chasse Poutine ! », quelques jours avant l’élection présidentielle remportée par l’homme fort de la Russie.

Pour beaucoup, la condamnation des trois jeunes femmes confirme l’influence importante de l’Église orthodoxe russe dans la conduite des affaires du pays. Certains de ses membres ont d’ailleurs été entendus au cours du procès à la demande de l’accusation, la juge refusant en revanche d’autoriser le témoignage de personnalités recommandées par la défense.

Poutine avait demandé la « clémence »

Ces derniers mois, divers organismes, anonymes ou vedettes avaient pris fait un cause pour les membres des Pussy Riot. Une pétition en ligne demandant leur libération a recueilli plus de 120.000 signatures. Madonna, Bjork et Yoko Ono ont également fait entendre leur voix pour demander la fin de l’acharnement contre les jeunes femmes.

Pour le militant homosexuel russe, Nikolai Alekseev, les appels internationaux ont pu être à l’origine d’une sentence plus lourde à l’encontre des trois jeunes femmes. « Ça a juste eu l’effet inverse et ça a accru la colère du système politique russe, estime-t-il. Ils voient ça comme une attaque directe, contre l’État et l’Église, venue de l’étranger et qui essaie d’imposer ses propres valeurs culturelles à la Russie.

Quelques jours avant l’issue du procès, Vladimir Poutine était intervenu publiquement afin de demander la « clémence » pour les accusées. « Je ne pense pas qu’elles doivent être jugées trop sévèrement pour ce qu’elles ont fait ». Les jeunes femmes risquaient jusqu’à sept ans de camp (où les conditions de vie ressembleraient à celles des sinistres goulags, selon des membres d’associations des droits humains). En n’écopant « que » de deux ans, la voix présidentielle aura été entendue, diront certains.

Crédit photo : Игорь Мухин / Wikipédia.