Prix lutte contre l’homophobie : Fabienne Larouche acclamée

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Comme c’est le cas depuis six ans, tout le petit monde associatif GLBT québécois s’était donné rendez-vous ce 7 mai, rue de la Gauchetière, au siège social de la Banque Nationale, pour fêter le nouveau Prix Lutte contre l’homophobie. Devant un parterre réunissant quelque 150 personnes, la chroniqueuse et écrivaine Janette Bertrand, première lauréate en 2003, a parlé de Fabienne Larouche comme de sa « fille spirituelle. Elle a un talent fou. On lui remet ce prix pour qu’elle continue, pour qu’on l’encourage. Elle est là pour notre bonheur ».

Avant d’en venir à la raison principale du 5 à 7, Denis Cormier, directeur des programmes à la Fondation Émergence, a révélé les différents « coups de chapeau » de l’organisme à différentes personnalités afin de souligner les « gestes concrets que des hommes et des femmes ont posés pour lutter contre l’homophobie ».

Parmi eux, le chanteur country canadien Drake Jensen, premier artiste du genre à dévoiler son homosexualité, a été salué pour sa chanson On My Way to Finding You, dédiée au jeune adolescent ottavien Jamie Hubley, qui s’est suicidé en octobre 2011 après avoir été victime d’intimidation liée à son orientation sexuelle. L’artiste a fait le déplacement pour l’occasion, interprétant sur scène ce titre.

De son côté, après avoir remercié le ministre de la Justice et de la lutte contre l’homophobie, Jean-Marc Fournier, présent pour la cérémonie, Laurent McCutcheon a rappelé les premiers pas difficiles de la représentation GLBT à la télévision. Le président de la Fondation Émergence a notamment évoqué le scandale créé en 1972 par un épisode de Paradis terrestre, où on voyait « deux hommes sortir de l’ascenseur en se tenant la main ». Quelques jours plus tard, Radio-Canada avait déprogrammé la série.

De Lionel Rivard à Hugo Lacasse

« Si la société québécoise est l’une des pus progressistes au monde […] elle le doit en bonne partie à l’influence de sa télé et plus particulièrement à ses téléromans et à ses téléséries », a souligné Laurent McCutcheon. Pour ce dernier, Fabienne Larouche réussit « à intégrer les réalités GLBT de manière particulièrement habile ».

Arrivée sur scène sous un tonnerre d’applaudissements, la productrice québécoise s’est montrée très émue au moment de recevoir son prix. « Aujourd’hui, je me suis levée puis j’ai écrit un discours de 15 pages. Puis quelques minutes avant de vous parler j’ai laissé ces feuilles à mon mari car je me suis dit que ce n’est pas comme ça que je devais faire. Je dois vous dire surtout combien je suis très touchée par ça », a-t-elle déclaré.

Effectuant un petit voyage dans le temps, Fabienne Larouche a mentionné comment en 1992, dans la série Scoop, elle n’avait décidé de révéler l’homosexualité du journaliste Lionel Rivard qu’au dernier épisode de la première saison. « On voulait attendre que le public se soit attaché au personnage ».

À l’époque, Lionel Rivard vivait mal son homosexualité, préférant se réfugier dans l’alcool. Tout le contraire d’Hugo Lacasse, directeur adjoint d’une école dans Virginie, « qui est là pour régler des problèmes scolaires avant d’être homosexuel », explique Fabienne Larouche. « Pour moi, c’est ordinaire d’être homosexuel, à part les dix minutes où vous baisez pas le même monde que moi », s’est-elle exclamée, provoquant les rires et les applaudissements d’un public (une nouvelle fois) conquis.

Crédit photo : Edson Emilio a.k.a El Negro.