PolitiQ-queers réclame la dépathologisation des transidentités

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En continuité de l’action du 17 juin 2010 pour une modification des règles de changement des mentions de nom et de sexe à l’état civil, PolitiQ dénonce la pathologisation actuelle des transidentités dans le DSM-IV (la référence utilisée actuellement dans les milieux professionnels de la santé en matière d’identité de genre). En effet, les articles concernant le « trouble de l’identité de genre » et le « fétichisme travesti » définissent les transidentités selon des critères stéréotypés et archaïques. PolitiQ-queers solidaires réclame donc le retrait de ces articles dans la nouvelle version du DSM qui sortira en 2012.
Il s’agit là d’une des bases de la transphobie : définir les identités trans comme des maladies mentales contribue à les marginaliser et les stigmatiser. Le DSM légitimise donc les violences transphobes.
De plus, le DSM protège un ordre social binaire et sexiste : il n’y aurait que deux manières de vivre et d’habiter le monde, deux sexes et deux genres. Toutes les personnes qui sortent de ces cases sont considérées comme troublées et malades. Ainsi, cela renforce la différence des sexes et sa hiérarchisation concomitante, et donc la domination des hommes sur les femmes.
La psychiatrisation des transidentités laisse peu de place à l’individu dans le développement autodéterminé de sa propre identité, alors que ces identités s’expriment dans une pluralité d’expressions de genres qui ne concordent pas avec les deux seules catégories normatives. La diversité des parcours trans n’est donc pas reconnue. Par ailleurs, en cinquante ans, la recherche n’a jamais démontré les transidentités comme psychopathologiques.
La dépathologisation n’implique pas un désengagement de l’État et du système de santé vis-à-vis des transidentités. PolitiQ veut plus d’ouverture, plus de flexibilité et plus d’accessibilité. En clair, le système de santé doit reconnaître et respecter la diversité des parcours trans en s’adaptant aux réalités, plutôt qu’imposer des règles uniques, violentes et complètement dépassées.
L’homosexualité a été retirée du DSM il y a plus de trente ans, les transidentités doivent l’être aussi !
PolitiQ souhaite voir la population et les professionnels du Québec se positionner en ce sens, afin de protéger et aider des milliers de citoyen-ne-s actuellement discriminé-e-s. Il est temps que la différence cesse d’être une maladie.

Non aux règles stériles de l’État Civil from PolitiQ on Vimeo.

Crédits Photo :  politiq info