Plan contre l’homophobie, un an après: toujours l’attente

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«On attend la confirmation d’une date de rencontre», signale le président du Conseil Québécois des Gais et Lesbiennes (CQGL). Steve Foster a été l’initiateur, en février 2009, d’un collectif regroupant près d’une cinquantaine d’organismes LGBT québécois ainsi que leurs alliés syndicaux et ceux du milieu universitaire.
Ce «collectif de travail LGBT» entend devenir l’interlocuteur officiel auprès du comité interministériel chargé de l’élaboration du plan de lutte à l’homophobie. Steve Foster affirme qu’«au début de l’été, le collectif a envoyé au gouvernement son document d’orientation» qui reprend les revendications du rapport de Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse de 2007, De l’égalité juridique à l’égalité sociale, rapport ayant mené à la création de la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie.

Diviser pour mieux régner

Cette demande a été couplée à celle d’être associé aux travaux du comité interministériel. «Nous n’avons obtenu aucune réponse», indique Steve Foster. Seul développement pour l’instant : une lettre de consultation sous forme de questionnaire a été envoyée aux organismes concernés…
Pour Bruno Dion, représentant du groupe PolitiQueer dans le collectif de travail LGBT, cette lettre de consultation constitue une stratégie du comité interministériel. Son objectif : consulter chaque organisation de façon isolée, plutôt qu’avoir à faire face à une coalition.
Bruno Dion explique que le but du collectif est «d’être reconnu pour sa légitimité comme porte-parole des intervenants LGBT et de rencontrer le comité de fonctionnaire». «Nous ne voulons pas être relégués au simple rôle d’usager de la future politique de lutte à l’homophobie. Nous voulons la bâtir avec eux», précise-t-il.
Le collectif de travail entend répondre au cours des prochaines semaines à ce premier geste dirigé vers les organismes LGBT et leurs alliés.

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«Les travaux vont bon train»
À la Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l’homophobie, aussi membre du collectif, son président Bruno Laprade estime que la balle est dans le camp du comité interministériel. C’est à lui de soumettre «une ébauche de plan d’action afin que l’on puisse se prononcer sur le dossier». Une ébauche qui, selon ses dires, devrait être livrée au printemps.
Bruno Laprade, comme le président du CQGL, Steve Foster, se dit tout de même «satisfait des relations avec le gouvernement». Il affirme que «l’élaboration du plan suit son processus».
Même son de cloche du côté du cabinet du ministre de la Justice et responsable de la lutte contre l’homophobie M. Jean-Marc Fournier (photo). On se borne à dire que «les travaux vont bon train en collaboration avec les organismes de Montréal» et «qu’aucun commentaire ne sera fait durant l’élaboration du plan».
On explique du même souffle qu’il est «prématuré d’établir une date de parution du plan» dont la sortie était prévue à l’origine pour janvier 2011.

Le comité interministériel

Le 29 janvier 2010, le Cabinet de la ministre de la Justice de l’époque, Kathleen Weil, a annoncé la nomination de Michel Bouchard, sous-ministre de la Justice, à la tête d’un comité interministériel. L’organisme est mandaté pour élaborer le plan d’action de la politique nationale contre l’homophobie.
Huit sous-ministres provenant d’autant de ministères en font partie. Ce comité a créé un sous-comité de fonctionnaires dont la tâche consiste à établir un lien entre les sous-ministres et les intervenants LGBT.
Pour rappel, la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie, lancée le 11 décembre 2009, s’articule autour de plusieurs axes et vise à:
– reconnaître l’égalité des personnes LGBT
– favoriser le respect des droits des personnes LGBT
– favoriser le mieux-être des personnes LGBT en offrant des ressources adaptées à leur réalité
– assurer une action concertée des établissements publics et des organisations locales et communautaires dans la lutte contre l’homophobie.
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