Ontario : Un premier mandat pour Kathleen Wynne?

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La cheffe libérale de l‘Ontario Kathleen Wynne a lancé officiellement sa campagne aujourd’hui pour l’élection provinciale du 12 juin 2014. À la tête d’un gouvernement minoritaire hérité de l’élection de 2011 où son prédécesseur Dalton McGuinty n’avait pu obtenir une majorité pour un troisième mandat, Mme Wynne tentera pour la première fois de recevoir un mandat de la population de l’Ontario après avoir été nommée cheffe du Parti libéral lors de la course à la succession de Dalton McGuinty au début de 2013. Elle devenait alors la première femme à occuper le poste de première ministre de l’Ontario et aussi la première personne ouvertement homosexuelle à y a accéder. L’élection a été rendu nécessaire suite à la décision du nouveau Parti démocratique de s’opposer tout comme les Conservateurs au budget 2014 qui prévoit un déficit de 12 milliards$.

Au bilan des libéraux, une loi contre l’intimidation à l’école

En ce début de campagne, les Libéraux se présentent à l’électorat LGBT avec l’adoption de la loi pour des écoles tolérantes, le projet de loi 13 , adopté en 2012 après le suicide très médiatisé de Jamie Hubley pour combattre l’intimidation à l’école.

Le suicide de Jamie Hubley a bouleversé tout le Canada en 2011

Le suicide de Jamie Hubley a bouleversé tout le Canada en 2011

Cette loi prévoit que ‘tous les élèves devraient se sentir en sécurité à l’école et qu’ils ont droit à un climat scolaire positif qui soit inclusif et où ils se sentent acceptés, sans égard à la race, à l’ascendance, au lieu d’origine, à la couleur, à l’origine ethnique, à la citoyenneté, à la croyance, au sexe, à l’orientation sexuelle, à l’identité sexuelle, à l’expression de l’identité sexuelle, à l’âge, à l’état matrimonial, à l’état familial ou au handicap’ et elle se propose que ‘les élèves doivent être munis des connaissances, compétences, attitudes et valeurs nécessaires pour appréhender le monde et les autres de façon critique, ce qui signifie acquérir une conscience critique qui leur permet d’agir afin de rendre leurs écoles et leurs collectivités plus équitables et inclusives pour tous, y compris les personnes LGBTTBIQ (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, transsexuelles, bispirituelles, intersexuées, queer et en questionnement)’.
Elle propose aussi ‘une approche globale à l’échelle de l’école est requise et que tous — le gouvernement, les éducateurs, le personnel des écoles, les parents, les élèves et la communauté en son entier — ont un rôle à jouer dans l’instauration d’un climat scolaire positif et dans la prévention de comportements inappropriés tels que l’intimidation, l’agression sexuelle, la violence sexiste et les incidents fondés sur l’homophobie, la transphobie ou la biphobie’.
Lors de l’adoption du projet de loi, le gouvernement a tenu tête aux demandes des autorités religieuses qui souhaitaient que les écoles catholiques (l’Ontario compte toujours des commissions scolaires confessionnelles) puissent interpréter la loi en accordance avec leur religion ce qui menaçait l’existence des groupes de lutte à l’homophobie, les Gay-Straight Alliances dans ces écoles.
La première ministre sortante doit toutefois composer avec l’usure du pouvoir, son parti étant au pouvoir depuis onze ans et miné par différents scandales de l’ère McGuinty.
Au moment du déclenchement des élections, les libéraux et les conservateurs étaient nez à nez dans les intentions de vote, les néo-démocrates arrivant troisième et risquant de nouveau de détenir la balance du pouvoir à moins d’un changement des intentions de vote durant la campagne.