Nouvelle sortie de Ban Ki-Moon pour les droits GLBT

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La discrimination basée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre a été « ignorée ou sanctionnée par beaucoup pendant trop longtemps ». De manière diplomatique mais ferme, Ban Ki-Moon a tapé du poing sur la table : la criminalisation de l’homosexualité, pratique courante dans les États africains, doit cesser. Ces législations reviennent à « traite[r] les gens comme des citoyens de seconde classe », souligne encore le secrétaire des Nations Unies.

Ce n’est pas la première fois que le diplomate sud-coréen affirme vouloir défendre les droits des GLBT. Fin 2010, à l’occasion de la Journée des droits de l’homme, il avait appelé son auditoire à ne pas rester silencieux face à la violence dont sont victimes de nombreuses personnes en raison de leur orientation sexuelle.

« Quand des individus sont attaqués, maltraités ou emprisonnés en raison de leur orientation sexuelle, nous devons nous exprimer. […] Ce ne sont pas seulement des agressions contre des personnes. Ce sont des attaques contre nous tous », avait lancé Ban Ki-Moon.

« Un défi »

Le 18ème sommet de l’Union Africaine, à Addis Abeba (capitale de l’Éthiopie) a été pour lui l’occasion de revenir sur le printemps arabe, en 2011, qui constitue « un rappel que les dirigeants doivent écouter leur peuple, explique-t-il. Ces événements prouvent que la répression aboutit à une impasse. Le pouvoir de la police ne peut rien faire contre le pouvoir des peuples cherchant la dignité et la justice ».

Néanmoins, Ban Ki-Moon sait qu’il lui faudra encore beaucoup de temps avant d’arriver à ses fins : « S’attaquer à ces discriminations est un défi, mais nous ne devons pas abandonner les idées de la déclaration universelle [des droits de l’homme] », a-t-il souligné.

L’Ouganda, dirigé par l’un des gouvernements les plus homophobes du continent, a immédiatement répliqué. Le ministre de l’Éthique et de l’intégrité, Simon Lokodo, a critiqué la position de Ban Ki-Moon. « Nous respectons [les homosexuels] en tant qu’êtres humains mais nous condamnons fermement leurs pratiques et leur orientation, a-t-il déclaré à l’Agence France Presse. Nous condamnons très fermement quiconque promeut ou propage ces pratiques ».

Voilà quelques semaines, plusieurs dirigeants africains avaient dénoncé les menaces économique du premier ministre britannique, évoquant une ingérence étrangère occidentale inacceptable. « L’Afrique ne doit pas être remise en cause en ce qui concerne la démocratie, les droits de l’homme, la gouvernance et la transparence dans l’administration publique », a encore martelé, ce dimanche, Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée équatoriale.

Crédits photo : World Economic Forum.