Musique – Critiques du mois de juillet

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Brigitte Fontaine L'un n'empêche pas l'autre Dancefloor

Chad VanGaalen – Diaper Island (Sub pop)

Changement de cap

Chad VanGaalen - Diaper Island

La légende raconte que Chad VanGaalen a écrit au cours de la dernière décennie des centaines, sinon des milliers de chansons, les jouant patiemment dans les stations de métro de son Calgary natal afin de gagner sa vie. L’histoire est certes un peu romancée, mais elle permet de comprendre la place de choix qu’occupe l’écriture sur Diaper Island, quatrième opus de l’auteur-compositeur-interprète et producteur canadien. En effet, contrairement aux albums précédents, Diaper Island délaisse quelque peu ce paradoxe entre envolées électroniques et folk acoustique, contradiction qui avait pourtant fait la marque de commerce de VanGaalen. L’instrumentation est ici plus cohésive et épurée, mettant l’emphase sur des textes qui ne manquent pas d’aplomb, pour un résultat en rupture avec le son traditionnellement bigarré de l’artiste. (Joëlle Girard)

Note : 3,99/5

Brigitte Fontaine – L’un n’empêche pas l’autre (Universal)

Folle poésie

Brigitte Fontaine - L'un n'empêche pas l'autre

L’extra-terrestre française est de retour ! Pour son 19ème album, c’est un opus composé en grande majorité de duos (Grace Jones, Arno, Alain Souchon…) que nous livre Brigitte Fontaine. Chansons inédites, morceaux rares et reprises de quelques-uns de ses tubes : les admirateurs de la loufoque poétesse en auront pour leur argent. Tout l’univers de la chanteuse se retrouve dans L’un n’empêche pas l’autre. Entre les délicieux ovnis Dancefloor et Gilles de la Tourette et les émouvants Le Grand-père et Supermarket, Brigitte Fontaine montre qu’elle reste l’une des plus grandes interprètes francophones. (A.A.)

Note : 4,22/5

Moby – Destroyed (Little Idiot)

Rien de nouveau sous le soleil

Moby - Destroyed

Pour certains, Destroyed est le meilleur album que Moby ait réalisé depuis la sortie de Play, en 1999, disque qui lui avait permis de passer du statut d’obscur DJ à celui de la vedette de la pop. Pour d’autres, à l’image des morceaux qu’il a réalisés sur le dernier album de Mylène Farmer, Destroyed est la énième confirmation qu’à 45 ans, Moby propose un son résolument inactuel, comme s’il lui était impossible de se détacher de la recette qui a fait son succès pendant la décennie 90. Entre Electronic dance music (EDM) et synthés un peu planants, Destroyed, que Moby qualifie lui-même « de musique électronique pour villes désertes à 2 heures A.M. », ne présente rien de vraiment novateur. Un son fatigué pour un thème carrément surutilisé. Pas complètement mauvais, mais pas très inventif. (J.G.)

Note : 2,54/5

Pierre Souchon – Piteur’s Friends (Naïve)

Ça reste en famille

Pierre Souchon – Piteur’s Friends

Après Ours, (re)voici l’autre fils Souchon. À l’occasion des Francofolies auquel le jeune chanteur a participé, une deuxième sortie de Piteur’s Friends (initialement apparu dans les bacs en 2010) a été décidé par la maison de disques. La voix de Pierre Souchon rappelle un peu celle de Renan Luce avec cependant des intonations proches… du paternel. Et comme on aime tomber dans les clichés (tout en pensant vraiment ce qu’on dit), les mélodies semblent, elles, souvent sorties de chez Laurent Voulzy, l’acolyte historique d’Alain Souchon. Au final, voilà un album charmant et agréable à l’écoute mais qui manque parfois de profondeur et d’identité. Une exception cependant : le très beau Fil de fer, qui évoque le thème difficile de l’anorexie. (A.A)

Note : 2,88/5