Michel Dorais dévoile les résultats d’une étude sur le Refuge

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Michel Dorais Le Refuge Québec GRIS-QUÉBEC

Selon GRIS-Québec, l’organisme à l’origine de la conférence du 2 septembre, Michel Dorais a voulu rester très secret sur les résultats de cette étude. Jusqu’au dernier moment, les membres de l’association québécoise se sont trouvés incapables de nous donner une quelconque indication sur le contenu de ce travail. « Si on fait une conférence pour révéler nos conclusions en exclusivité, ce n’est pas pour tout dire plusieurs jours avant », se justifie, en riant, le chercheur québécois.

Michel Dorais parle de cette étude comme d’un travail quasi titanesque. Tout a commencé il y a un peu plus de deux ans lorsque l’association française Le Refuge, un des rares organismes de l’autre côté de l’Atlantique à s’occuper des jeunes LGBT victimes de violence dans le milieu familial ou scolaire, met en ligne un sondage pour connaître la situation de jeunes gais dans leur pays. « Ils s’attendaient à une dizaine de réponses. En quelques jours, ils en ont eu 500 », explique le professeur de l’Université Laval.

La sortie du placard ne finit jamais

Le sociologue, l’un des premiers parrains du Refuge, a accepté de d’analyser les résultats qui concernent 72% d’hommes et 28% de femmes. « On a tout recopié à la main. 35 questions par personne : plus jamais je ne referai ça », rigole-t-il aujourd’hui.

L’entreprise, qu’il a menée a bien au bout d’une vingtaine de mois avec l’anthropologue québécoise Laurie Allaire, s’est néanmoins avérée « passionnante ». À tel point qu’elle sera l’objet d’un livre, publié début 2012, en France puis au Québec. L’étude apporte un nouvel éclairage sur la situation des nouvelles générations LGBT en France.

Première tendance majeure qui se dégage de ce travail : « la sortie du placard n’est jamais définitive. Certains chercheurs américains déclarent qu’une fois que le jeune dit « je suis gai », c’est une libération totale. C’est faux. Il s’agit d’un processus continu. Le jeune sera obligé de refaire la même démarche avec d’autres amis, puis sur son lieu de travail, etc. L’angoisse qui accompagne tout ça perdure donc longtemps. Cela peut sembler une évidence mais cette vérité n’avait jamais été pointée du doigt », explique Michel Dorais.

Volonté d’être en couple et de fonder une famille

Autre observation, sur le couple et la famille cette fois. Alors qu’un rapport datant de 1984 montrait que le goût d’être en couple et d’avoir des enfants ne paraissait constituer une priorité chez les jeunes gais, la tendance en 2011 est bien différente : « Difficile de savoir exactement pourquoi. On peut supposer que la libéralisation et légitimisation de ces dernières années ont beaucoup joué », indique le chercheur québécois.

Néanmoins, ce dernier précise qu’il reste très difficile pour les jeunes Français de projeter dans l’avenir « car ils ont déjà souvent vécu le désespoir avec leur propre famille », et ce d’autant que le contexte économique pousse les nouvelles générations à habiter plus de temps au domicile familial.

Crédits photo: document remis.