Manifestation éclair contre le projet de loi C-10

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It could get worse Projet de loi Omnibus

Une quinzaine de personnes, c’est à la fois peu et beaucoup lorsque l’on organise une manifestation improvisée durant les heures de bureaux. Mais il n’y a pas de doute pour la députée de la circonscription, les citoyens sont bel et bien opposés à ce projet de loi : « Il n’y a qu’à voir la réaction du gouvernement du Québec qui s’oppose violement et avec raison à cette loi et celle des gens qui en parlent, qui lisent les journaux et écoutent la télévision : ça les préoccupe. »

Le projet de loi C-10, intitulé «Projet de loi sur la sécurité des rues et des collectivités» est un éventail de neuf dispositions qui visent à allonger les peines de prison pour toute une série de crimes et délits : trafic de drogue, jeunes délinquants, ceux qui commettent des agressions sexuelles sur des enfants… Ce projet omnibus comprend également des règles plus strictes pour la libération conditionnelle et des peines planchers pour les personnes condamnées pour des crimes jugés graves et violents.

Un dialogue de sourds

Ce projet de loi, rappelle Marlo Turner Ritchie, intervenante communautaire auprès de jeunes Montréalais dans des centres de réduction des méfaits, suscite l’opposition de plusieurs gouvernements provinciaux – le Québec, l’Ontario et Terre-Neuve, « qui ont dit qui n’en veulent pas et ne veulent pas payer pour cela ». Les propositions du Ministre de la justice, Jean-Marc Fournier, ont été fraîchement accueillies à la Chambre des Communes.

Cette posture n’étonne guère la députée néodémocrate Hélène Laverdière. « Normalement, même dans un gouvernement majoritaire, les députés ont tout au moins l’occasion de débattre des projets de loi qui leur sont soumis. Le cas du projet de loi C-10 est un bon exemple : le gouvernement n’écoute ni les provinces qui s’y opposent de façon véhémente, ni l’opinion des experts et des citoyens, ni l’opposition ».

La solution ne peut venir que dans l’investissement, dans l’éducation, le travail et les conditions de vie, selon Hélène Laverdière qui se dit préoccupée par le sort des autochtones, « surreprésentés dans les prisons mais qui ont aussi des conditions socioéconomiques plus difficiles ». Même son de cloche chez Marlo Turner Ritchie, qui affirme que ses 15 années de travail sur le terrain lui ont prouvé que « les jeunes qui ont assez de soutien en services de santé mentale, qui ont un abri, un soutien à l’école adéquat, ont moins de tendances à choisir la voie criminelle ».

Plus d’informations : itcouldgetworse.com
Crédits photo: T.T.

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