Londres durcit le ton contre les pays homophobes du Commonwealth

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David Cameron va-t-il devenir la nouvelle idole des gais britanniques ? Jamais, en effet, n’aura-t-on vu le gouvernement d’un premier ministre conservateur être aussi prompt à défendre les droits des GLBT. Après s’être engagé à légaliser le mariage gai au Royaume-Uni, c’est maintenant l’homophobie des pays du Commonwealth qui revient sur le devant de l’actualité.

Le bureau du secrétaire au développement international, Andrew Mitchell, s’est ainsi voulu très clair dans les colonnes du Mail on Sunday, cette fin de semaine :  il n’y aura plus d’argent versé aux pays pauvres du Commonwealth où sont menées des politiques homophobes et transphobes.

Le Malawi a perdu 30,5 millions de dollars

« Le gouvernement s’engage à combattre la violence et la discrimination contre les lesbiennes, les gais, les bisexuels et les personnes trans, quelles que soient les circonstances […] Nous fournirons une aide directe aux gouvernements seulement s’ils partagent de manière satisfaisante nos engagements pour réduire la pauvreté et défendre les droits humains », a affirmé le porte-parole d’Andrew Mitchell.

Parmi les pays visés : l’Ouganda et le Ghana. Le premier s’attend à recevoir une aide de 70 millions de livres sterling (113 millions de dollars), le second 36 millions (58 millions $). Mais, les déclarations de John Atta Mills, président du Ghana, qui a promis de s’occuper de la « menace » représentée par les gais, ainsi que le projet de loi de députés ougandais prévoyant jusqu’à la peine de mort pour les actes homosexuels pourraient coûter chers à ces états africains.

En 2010, le Malawi avait ainsi perdu 19 millions de livres (30,5 millions de dollars) après la condamnation à 14 ans de prison d’un couple gai (par la suite libéré).

60% des séropositifs vivent dans un pays du Commonwealth

L’annonce du gouvernement britannique intervient dans le même temps que celle du célèbre militant Peter Tatchell. Dans un communiqué, sa fondation demande à toutes les personnes intéressées de signer une lettre qui sera remise aux chefs d’État du Commonwealth lors de leur réunion, du 28 au 30 octobre à Perth (en Australie).

La Fondation de Peter Tatchell veut notamment « mettre un terme à la criminalisation des relations entre personnes de même sexe et des travailleurs du sexe ». « La plupart des états membres du Commonwealth doivent réformer leurs lois pour réduire la progression du VIH/Sida », rappelle également l’association. 60% des personnes contaminées résident aujourd’hui dans l’un des pays membres de cette organisation.

Crédits photo: Downing Street.