L’incurie bureaucratique du Service de police de la Ville de Montréal

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En juillet 2013, je dois congédier après une trop grande patience un employé que j’appellerai Papa Bougon qui refusait systématiquement de justifier son emploi du temps à l’extérieur du bureau et qui, nous en avions la preuve, utilisait à ses fins personnelles les comptes de la compagnie auprès de diverses entreprises. La goutte qui a fait déborder le vase : il refuse de me remettre le véhicule de la compagnie qu’il utilise pour ses déplacements et dont il a apparemment changé les serrures puisque notre clé n’y fait plus. Comme il refuse de le rapporter, je le déclare volé 24 heures après qu’il ait promis de le faire, mais sans s’exécuter.

On prend donc ma déclaration au poste de quartier 22. Je donne les nom, adresse, numéros de téléphone et adresse courriel de Monsieur Bougon. On tente évidemment de me convaincre que c’est une affaire civile comme on le fait systématiquement chaque fois qu’un employé vole son employeur, mais j’insiste ayant moult preuves que l’utilisation qui en est faite est personnelle et non-autorisée.
Comme la police ne fait rien, pas même un petit appel au monsieur pour lui rappeler mes droits, et devant le refus de l’employé de se présenter au travail le lundi matin avec le véhicule, je le congédie formellement. Il refuse toujours de me rapporter le véhicule et me nargue le lendemain en stationnant volontairement le véhicule à différents endroits du quartier pour recevoir des contraventions et tenter de faire pression sur moi pour se faire payer du temps de ‘travail’ qu’il ne peut justifier. J’avise le service de police de cette situation. On me confirme que huit contraventions ont été émises cette journée –là sur le véhicule, on me dit même où et quand, huit contraventions qui devront être annulées et qui représentent autant de pertes de temps pour tout le monde…
Mais personne ne pense encore à appeler le voleur car il faut attendre que le dossier soit confié à un enquêteur… et c’est l’été. Monsieur Bougon me menace de vendre le véhicule et je réalise aussi qu’il est parti en cavale à travers le Québec après avoir dévalisé la petite caisse de milliers de $ de chèques-cadeaux échangeables chez nos clients après s’être fait prêté la clé du bureau quelques jours avant son congédiement. Évidemment, je devrai faire une autre plainte car vol de véhicule et vol de biens appartenant à l’entreprise… ce sont deux choses différentes.
Devant l’inaction de la police, j’appelle mon conseiller municipal, François Robillard, qui me met en contact avec le commandant du poste Vincent Richer qui me réfère à son enquêteur Claude Roy. Comme celui-ci est en congé, je devrai encore attendre quelques jours. Quelques jours où j’apprends toutes les frasques de Monsieur Bougon qui continue à se présenter à travers le Québec chez nos clients comme un employé et utilise des milliers de $ de crédit que nous détenons dans différents établissements où il se la coule douce et se paie des repas gargantuesques.
À deux reprises, il nous met sur des fausses pistes en prétendant avoir abandonné le véhicule à Grand-Mère, puis à Québec. À deux reprises, j’avise le SPVM qui me réfère aux services de police de ces villes qui se déplacent pour rien. Il ne passe toujours pas par la tête de personne au SPVM d’appeler Monsieur Bougon pour lui demander de remettre le véhicule et encore moins les biens volés et de mettre fin à ses vols et fraudes.
Quand finalement, presque trois semaines après la plainte, l’enquêteur du SPVM me contacte, il me dit que je dois me considérer bien chanceux qu’on y donne suite aussi rapidement car ce sont les crimes à la personne qui sont priorisés et normalement ce genre de plaintes auraient été traitées à la rentrée en septembre!?!.
Il contacte alors Monsieur Bougon et le lendemain, le véhicule est abandonné à Québec. Il faudra bien sûr que j’insiste pour que des accusations soient portées car avoir fait 9.000 km en quelques semaines, nous avoir privé d’un véhicule qui ne lui appartenait pas, et après avoir pu ainsi dilapider des milliers de $ de chèques-cadeaux qu’il a utilisés ou recelés aux quatre coins du Québec, c’est bien mince pour accuser quelqu’un au criminel!?! Évidemment, c’est un autre enquêteur qui me téléphone en vitesse six mois plus tard pour faire le suivi du vol de milliers de $ de chèques-cadeaux… que le voleur a eu tout le temps d’utiliser ou de vendre depuis ma plainte. Il n’a évidemment pas encore été appelé ou importuné pour ce crime car voler son employeur, bien évidemment ce n’est pas un crime.
Bilan : nous avons été privés d’un véhicule pendant (seulement!) trois semaines, le voleur a fait 9,000 km avec celui-ci avant d’être appelé par la police, il a aussi dilapidé des milliers de $ de biens et services obtenus chez nos clients. Plusieurs appels à la police, jusqu’au commandant du poste, huit contraventions à annuler, deux corps policiers déplacés inutilement et un procès en cour municipale. Tout ceci aurait pu être évité si seulement le service de police s’était donné la peine de rappeler au voleur nos droits et les accusations auxquelles il s’exposait au moment où la plainte était déposée. Le Service de police se défendra qu’il est débordé et qu’il a besoin de plus d’effectifs. Mais comment ne pas être débordé quand on est aussi inefficace?
Je demeure convaincu que s’il avait s’agi d’un vol de banque pour le même montant, les policiers seraient accourus sur le champ et le voleur ne s’en serait pas tiré aussi facilement. Mais je ne suis pas banquier et personne n’a été menacé. Alors on peut me dépouiller en toute tranquillité. Si par contre, et ça m’arrive, j’oublie de payer une contravention émise par ce même service de police, elle va doubler, tripler et si je ne la paie pas, on pourra même m’envoyer des huissiers et saisir mon véhicule et le vendre. Moi, je n’aurai aucune excuse et on n’aura aucune patience à mon égard. Deux poids, deux mesures. Quand il s’agit pour la Ville de nous vider les poches, toutes les ressources sont prises pour y parvenir et on n’en manque jamais. Mais quand il s’agit de lâcher un coup de fil à un voleur pour mettre fin à son crime, là, on n’a pas les effectifs voulus. Il peut nous vider les poches en toute tranquillité. La Ville passera après lui s’il ne nous reste plus un sou et que nous retardons à la payer.