L’homosexualité et le troisième sexe: un rôle spirituel ?

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L’idée que l’homosexualité serait une invention occidentale n’est pas nouvelle. Couramment comparer à une perversion et une déformation des genres, reléguant les combats des associations LGBT à des causes injustifiées et « contre-nature ». L’étude de cultures anciennes semble prouver qu’à l’origine des peuples l’homosexualité et le changement de sexe a toujours fait parti du quotidien et de la nature des hommes.

En effet, plusieurs chercheurs ont étudié, le vie sexuelle de ces peuples, articles scientifiques à l’appui. Brisant les mythes imposés plus tard par les premiers colons, et ce à tous les niveaux: place de l’homme, de la femme, le mariage, le divorce, l’inceste, mais aussi, donc, la question de l’homosexualité

«Du point de vue de la culture lakota, un jeune homme ne devenait pas winkte (nommé berdaches par la suite) faute de réussir à la chasse ou à la guerre, mais bien à la suite d’un rêve, recevant, dans la foulée, un pouvoir spirituel qui le transformait en wakhan et le différenciait des autres hommes», explique l’anthropologue américain Raymond J. DeMallie . On ne parle plus de choix mais d’une nature spirituelle qui doit être accepté par les autres. On parle davantage aujourd’hui d’«êtres bispirituels», pour les Amérindiens, par le fait qu’être moitié homme, moitié femme, permet une meilleure compréhension de la dimension sacrée du monde. Ils occupaient ainsi souvent la fonction de chaman.

Eros et Tabous_edition Septentrion

Le chercheur Douglas R. Sparks souligne que ces travestis ou ces homosexuels étaient bien mieux acceptés historiquement que dans nos sociétés occidentales. «Au cours de mon enquête de terrain menée à la fin du XXe siècle, j’ai pu observer que cette disposition ancienne de la tolérance envers les berdaches subsistait chez de nombreux Pawnees attachés aux traditions, écrit-il. Ces derniers signalaient que le fils ou la fille d’un parent ou d’un ami était « ainsi » − afin d’éviter d’employer des désignations péjoratives en anglais et sachant que la plupart des Blancs rejetaient les homosexuels. Ils se comportaient envers les berdaches de la même manière qu’avec un tout autre ami ou parent et ne portaient aucun jugement moral sur leur orientation sexuelle.»

Malheureusement, à partir des années 1870, le gouvernement américain exerça des pressions sur les tribus afin de bannir ce qu’il jugeait immoral. Pour les Inuit, «le sexe d’un fœtus peut changer au moment de l’accouchement ou juste après ; ce changement résulte selon les Inuit du désir de l’âme-nom qui se réincarne dans le nouveau-né», écrit Bernard Saladin d’Anglure, professeur émérite de l’université de Laval.

Un livre passionnant et révélateur : Eros et Tabou, sexualité et genre chez les Amérindiens et les Inuit, publié par la maison d’édition québécoise Septentrion.

Richard Des Lys