Les conseils musique d’Êtremag

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Madjo – Trapdoor (Mercury) : claquer des doigts !

Au premier coup d’œil, on peut avoir vite faire de rapprocher Madjo à Zaz (la hippie donneuse de leçon). Le seul point commun est sûrement le turban dans les cheveux, car autant la musique de Zaz sent la naphtaline et la «France d’avant c’était mieux», autant Madjo fait table rase du passé et des étiquettes qu’on veut lui coller.

Mélange de soul, chanson française ou encore pop, ce premier album surprend. Alors que depuis plusieurs années la «world» musique semble se limiter aux efforts pénibles de gagnants de la Star Académie, il est bon d’entendre un peu de nouveauté. Madjo n’a peur de rien, et semble appliquer à la chanson francophone les règles de la musique pop anglophone: efficacité et simplicité.

Elle n’hésite d’ailleurs pas à utiliser la langue de l’autre solitude à plusieurs reprises dans l’album. Elle évite les écueils de la «world» musique et garde surtout à l’esprit une écriture de grande qualité, accrocheuse sans être putassière, à la réalisation soignée. On attend avec impatience de pouvoir la voir sur scène. (4,6/5).

Texte: Jérémie Battaglia.

Puggy – Something you might like (Universal): pudding mou

Composé d’un Anglais, d’un Suédois et d’un Français, le groupe a débuté en Belgique (vous suivez ?). En Europe, ils ont un qualificatif particulier pour ce genre de projet: un euro-pudding, un truc qui vient d’ici mais aussi de là-bas, qui ressemble à tout mais à rien de connu en même temps. Le second album de Puggy c’est un peu ça.

On voit bien où ces trois garçons dans le vent veulent aller: vers l’Angleterre et sa Brit Pop. Il faut reconnaître le talent de l’écriture. Il est bien dur de se retenir de chanter sur des titres comme When You Know ou We have It made. Les sonorités dépotent, on pousse les meubles et on se dandine comme un beau diable. On retrouve aussi des ballades qui touchent sans tomber dans le pathos comme l’amusante «She kicks ass».

Le principal reproche qu’on peut faire est en fait un flagrant manque d’originalité, d’un petit truc en plus qui ferait que cette production se démarque d’une autre. La réalisation est belle, mais lisse. C’est un peu comme un condo neuf: propre mais sans âme. Alors même si on se laisse happer par une certaine fraîcheur, on aurait aimé un peu plus d’originalité, d’aspérité et de «balls». (2,5/5)

Texte: J.B.

James Blake – James Blake (A&m records): back to Blake

Dubstep, bass music, futur-bass… la valse des étiquettes ne semble pas atteindre James Blake.

Après avoir fait beaucoup de bruits avec trois maxis, ce premier album ne semble pas vouloir pacifier les esprits. Les puristes crient au maniérisme, les autres au génie. Il faut dire que la première écoute peut être laborieuse. Loin des productions ronflantes et aux basses accrocheuses du dubstep anglais, James Blake joue sur le minimalisme, les silences, les rythmes brisés.

Découvert par beaucoup grâce à sa reprise de Limit to your love (Feist), c’est une pop avant-gardiste, difficile d’accès que nous offre le beau James Blake. Porté par sa voix fragile, un peu à la manière d’Anthony and the Johnsons, les sentiments qui découlent de ses compositions froides ne se laissent pas forcément entendre à la première écoute. Il faut se laisser appréhender par ce disque aux relents hivernaux. C’est dans ses recoins que cet album touche. Une ambiance unique se dégage ainsi qu’une certaine idée radicale de l’écriture et de la création. (4,5/5)

Texte: J.B.

Armistice – Armistice (Dare to care): guerre et paix

La fille de Cœur de pirate et le gars de Bedouin Soundclash s’assemblent le temps de faire un album de cinq chansons. Ensemble, ils sont Armistice. D’habitude, l’armistice naît d’un conflit, mais ici, c’est bien le contraire. On sent chez les deux tourtereaux une complicité évidente et surtout une direction commune.

Ils nous proposent un roadtrip dans le désert en décapotable avec cheveux au vent, verres fumés et mariachis cachés dans le coffre arrière. En tout cas, il fait beau et chaud et nos soucis s’évaporent rapidement au soleil. Comment en effet résister à Mission bells, premier extrait lancé, avec son refrain accrocheur qui nous fait voyager ?

La voix de la pirate trouve ici un créneau qui lui sied bien mieux: disons-le, la naïveté de sa voix convient beaucoup plus à la folk anglophone. Fini ses textes de peines d’amour de préadolescente immature, la voici peut-être (enfin) à l’âge adulte. Quant à la voix du bédouin, même si elle rappelle parfois celle de Bryan Adams, elle sonne bien, avec juste ce qu’il faut de sensualité masculine.

On attend la suite. À écouter pour se convaincre que l’été s’en vient et que l’hiver n’est qu’un vulgaire souvenir. (4.1/5).

Texte: Geoffroy Pelletier.

Pierre Lapointe- Seul au piano (Audiogram): sentiments intimes

Après Pierre Lapointe live, Pierre Lapointe chante avec l’Orchestre Symphonique, Pierre Lapointe remixé, voici Pierre Lapointe seul au piano. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est productif, le prodige! Si on était de mauvaise foi, on pourrait facilement médire qu’il tente de faire de l’argent en abreuvant ses fans de multiples déclinaisons de son œuvre.

Mais il n’en est rien. Pierre Lapointe ne se moque pas de nous, au contraire, il se respecte et nous convie à ses désirs. Sa proposition : nous inviter dans son univers, mais d’une façon beaucoup plus intime avec pour seule arme, son piano… qu’il chérit depuis toujours.

Pour l’occasion, Lapointe a fait une judicieuse sélection de son répertoire comprenant notamment les superbes Deux par deux rassemblés, Tous les visages ou encore Les sentiments humains. Ses arrangements sont réfléchis, sa voix est maîtrisée et son âme intacte. En plus, ce contexte dépouillé nous amène à redécouvrir la qualité de ses textes.

Pour un tête-à-tête avec les ballades intimistes de Lapointe le prodige, procurez-vous cet album.  Beau, beau, beau! (4.5/5)

Texte: G.P.

BONUS – Le concert à ne pas manquer :  CUT COPY

OÙ? Club Soda, le mardi 5 avril

POURQUOI? Même si on est un peu déçu par le nouvel album, Cut Copy est une valeur sûre pour danser.  On y sera. Et vous ?

COMBIEN? 25$.