Les anciennes odeurs: pour les mots de Tremblay

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Les anciennes odeurs de Michel Tremblay par Rita Lafontaine avec Francis Bourgea David Marcel

Le joli et intime Studio Théâtre de la Place des Arts avait fait salle comble, ce mercredi, pour la deuxième représentation des Anciennes odeurs, l’événement théâtral de la Fierté de Montréal qui se déroule jusqu’à 13 août. On y retrouve Rita Lafontaine, Francis Bourgea et David Marcel, déjà de l’aventure de La Duchesse de Langeais à la même époque, en 2010.

Jean-Marc (Francis Bourgea) retrouve Luc (David Marcel) quelques années après leur séparation, dans l’ancien appartement du couple. Le professeur de français et l’acteur de télévision se situent alors à un tournant de leur vie : le premier a compris qu’il ne pourrait jamais embrasser la carrière d’écrivain dont il rêvait ; le second doit faire face à la mort imminente de son père, abandonné par le reste de la famille.

Solitude et besoin désespéré de tendresse

L’amertume et la colère liées à une histoire d’amour mal finie prend également une large place. Les Anciennes odeurs sont en effet avant tout un miroir de la solitude et du besoin désespéré de tendresse de ces deux hommes qui pourraient être chacun de nous.

Si la pièce avait été montée pour la dernière fois voilà 30 ans par André Brassard, les mots de Michel Tremblay frappent toujours juste. La mise en en scène physique et crue orchestrée par Rita Lafontaine autour d’airs d’opéra magnifiques achève de capter l’auditoire.

Malgré tout, on ne peut s’empêcher de penser que le résultat aurait pu être bien plus marquant. Si Francis Bourgea donne une interprétation sobre et sincère de son personnage, on a l’impression que David Marcel a plus de difficulté à rentrer dans le sien, tâtonnant tant au niveau des accents que du ton. Plus généralement, c’est le couple écorché vif qu’incarnent les deux hommes qui manque de crédibilité, en dépit des deux-trois scènes sexuelles intenses et d’un final vraiment émouvant.

Voir aussi notre entrevue avec Francis Bourgea ici.