Les anciennes odeurs, enfin de retour sur scène

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Francis Bourgea Les anciennes odeurs Michel Tremblay

Êtremag. Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette nouvelle aventure ?

Francis Bourgea. Ça a commencé très tôt, l’an dernier, avant même les représentations de La Duchesse de Langeais. Éric Pineault [l’un des organisateurs de la fierté, NDLR.] m’a demandé « Tu vas faire laquelle l’an prochain ? ». J’ai répondu tout de suite « Les anciennes odeurs », parce ce que c’est, à mon avis, la pièce la plus forte de l’œuvre de Michel Tremblay.

Êtremag. Pourquoi la plus forte ?

F.B. Peut-être car c’est la plus simple et donc la plus ample, avec ces deux hommes, l’un professeur (Jean-Marc, que j’interprète), l’autre acteur (Luc), qui ont été ensemble pendant sept ans et qui se retrouvent, quelques années après leur séparation. Ils ne font que parler, c’est un huis clos.  Mais tout ce qui est dit (sur le deuil, la trahison, le couple) est fort et encore d’actualité. Il y a là matière à abondance.

Êtremag. Comme pour La Duchesse de Langeais, vous retrouvez Rita Lafontaine qui a été votre professeure. Il y a vraiment une relation spéciale entre vous…

F.B. Oui, depuis notre rencontre, je ne jure plus que par elle (rires). Rita, c’est mon coup de foudre professionnel. Pour Les anciennes odeurs, elle est allée très loin dans la sensualité et la sexualité, dans la mise à nue. Quand la pièce a été montée par André Brassard, en 1981, il s’agissait d’une version sobre, presque sage. Pourquoi ? Peut-être par peur. Avec Rita, c’est une version pas polie, intense, qui ressemble beaucoup à la vie.

Êtremag. Selon vous, pourquoi a-t-il fallu attendre 30 ans avant de voir la pièce de nouveau montée au Québec ?

F.B. À vrai dire, je ne comprends pas pourquoi (rires). En France, Les anciennes odeurs est reprise fréquemment au théâtre. Il y a même une troupe qui la joue régulièrement. Elle a dernièrement fêté, je crois, sa 200ème représentation. Concernant le Québec, peut-être que les années 80 étaient une période trop sage pour voir de nouveau la pièce être montée. Par la suite, au cinéma, il y a eu de films à thématiques gais osés comme Cruising ou Making love qui ont marqué le public. Ils ont peut-être, du coup, fait tomber cette oeuvrer dans l’oubli.

Êtremag. Est-ce que la préparation pour le rôle de Jean-Marc est différente de celle que vous avez effectuée pour l’interprétation du travesti dans La Duchesse ?

F.B. Oui, forcément. La duchesse, c’est un véritable cadeau pour un acteur, on peut se permettre d’être excentrique. Jean-Marc, alter ego de Michel Tremblay au théâtre, est plus dur à jouer. Grâce à Rita, qui connaît Michel Tremblay depuis longtemps, j’ai eu accès aux anecdotes, aux vérités qui se cachent derrière cette histoire. Il m’a fallu allé chercher tout le temps le vrai pour ce personnage pour qui personne ne s’inquiète, car tout semble aller bien pour lui. Il a réussi à se construire une vraie carapace.

Êtremag. Quels sont vos projets après Les anciennes odeurs ?

F.B. Il y a des discussions actuellement pour un autre rôle dans l’univers de Michel Tremblay. La pièce serait montée l’an prochain. J’aimerais bien aussi une comédie, j’en ai besoin après cette pièce (rires). Le mieux serait une deuxième ou troisième rôle dans une œuvre plus légère.

Les anciennes odeurs
Pièce de Michel Tremblay
Sous la direction artistique de Rita Lafontaine
Avec Francis Bourgea et David Marcel
Du 9 au 13 août
Au Studio-théâtre de la Place-des-Arts
Plus de renseignements : placedesarts.com

Crédits photo: Martin McKay (document remis).