Le VIH/Sida et d’autres ITSS progressent à Montréal

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Les cas de contamination pour le VIH/Sida et d’autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITTS) augmentent à un rythme «alarmant», déclare le docteur Richard Lessard au quotidien québécois Le Devoir. Le directeur de la Santé publique ne semblait pas s’attendre à une telle évolution.
Cette augmentation touche toute l’île de Montréal. Contrairement à ce qu’on pouvait constater par le passé, les modèles dit «sociaux» sont moins de mise. «Avec Internet, les épidémies sont devenues plus difficiles à suivre», explique Richard Lessard.

15% des HARSAH sont séropositifs

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un exemple : la syphilis, que l’on disait en voie de disparition dans cette zone il y a encore quelques mois. «Le taux est aujourd’hui 40 fois plus élevé qu’en 2000», raconte le directeur de la Santé publique. Autre donnée, tout aussi effrayante : 15% des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) sont porteurs du VIH/Sida.
Richard Lessard est aussi inquiet de l’ignorance qui entoure cette progression. Ainsi, environ 13% des HARSAH séropositifs ne connaissent pas leur statut. Ce chiffre passe à 25% pour les toxicomanes ayant contracté l’hépatite C à cause des injections.

Le matériel stérile pas suffisamment distribué

Concernant cette dernière ITTS, Richard Lessard parle de progression «sournoise». «On n’avait jamais prévu la vitesse à laquelle l’épidémie se répandrait», indique-t-il. Un des plus gros problèmes liées à la multiplication des cas d’hépatite C se trouve dans le fait que seuls «10% des patients sont traités, ce qui favorise la propagation rapide du virus». Pour rappel, il est possible aujourd’hui de guérir cette infection.
Quelles solutions sont possibles une fois énoncé ce grave constat à Montréal ? «Il faut rejoindre plus, dépister plus et traiter plus», répond Richar Lessard. Un plan de prévention dans les saunas devrait être mis en place en 2011. L’idée de services d’injections supervisée (SIS) est également évoquée. Le directeur de la Santé publique rappelle que la distribution de matériel stérile reste très insuffisante.