Le milieu associatif gai de Québec se déchire

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S’il tient la galerie DomaHom depuis peu, Yves Simon, artiste et militant, n’en est pas à ses balbutiements dans la communauté gaie de Québec. Président de l’Association socio-culturelle gaie de la Capitale-Nationale, celui qui œuvre au club ForHom anime également, les mercredis à 16h, l’émission Homologue radio sur les ondes de CKIA 88.3. Mercredi dernier, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la table était mise pour qu’il y aille d’une petite montée de lait au micro. Ainsi, il a tenu « à déplorer l’homophobie latente sous mots couverts de GLBT Québec qui depuis des années tient des propos malheureusement homophobes » contre le club ForHom.

M. Simon, contacté par Être, a justifié cette sortie: « Nous sommes complètement boycottés depuis plusieurs années […] et même si j’ai beaucoup de respect pour GLBT-Québec et Olivier Poulin [porte-parole de l’association], je crois qu’ils devraient se regarder dans le miroir avant de nous traiter d’homophobes. »

Faisant allusion au fait que les membres club ForHom n’accepte que les hommes, il ajoute que GLBT-Québec leur met des bâtons dans les rues, « comme [s’ils étaient] des pestiférés. » Il renchérit en précisant que son groupe travaille énormément, sans subvention. En ne parlant pas du club ForHom comme il le devrait, GLBT-Québec « se tire dans le pied et fait du trouble à la communauté », affirme Yves Simon.

Bientôt une rencontre entre les deux partis

« La galerie DomaHom est ouverte à tous et à toutes, ajoute-t-il. Je ne comprends pas non plus leur choix de refuser mon œuvre pour Corrid’Art [du 4 au 31 mai] mais Olivier Poulin porte deux casquettes [il s’occupe également de l’exposition, ndlr.], et il faudra à moment donné qu’il fasse son choix, mais je ne comprends pas pourquoi c’est lui qu’on voit partout, ce n’est qu’un porte-parole après tout. »

Pour sa part, Olivier Poulin, interrogé au téléphone, éprouvait un profond malaise face à la situation. « Nous aurions aimé qu’il nous en parle bien sûr, avant qu’il sorte cette réaction impulsive sur la place publique. » Se refusant à tout commentaire par rapport à « ses deux casquettes » et aux allégations d’homophobie dans son groupe, il a toutefois assuré que celui-ci était prêt à collaborer avec tout le monde, et qu’une rencontre entre le président de GLBT, Daniel Tétreault, et Yves Simon, paraissait inévitable au courant des prochains jours.

S’il affirme qu’un contexte est présent dans le dossier, et que ces dires ne sortent pas de nulle part, il parle « d’accusations graves et non fondées » de la part de M. Simon. Pour ce qui est de l’œuvre refusée, la réponse se veut simple : « le jury indépendant a dit non. » Enfin, Olivier Poulin a tenu à rappeler que « le journal Sortie [produit par GLBT Québec] parle pas mal déjà de la galerie Domahom ».

M. Simon, qui assure vouloir « faire bouger les choses sans dénigrer personne », estime avoir « le devoir de dénoncer un manque de respect » et nous confirme qu’une rencontre aura lieu au courant de la semaine. On saura dans les jours qui viennent, voire dans les prochaines semaines, si le conflit perdure entre les deux associations, qui luttent pour les mêmes desseins.

Crédit photo : document remis (Club ForHom).