Le K-Mé-Léon : une évolution contre les gais ?

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Le K-Mé-Léon et les gays : la rupture à Jonquière ?

L’histoire n’est nouvelle pour personne dans le coin : ce n’est que par un (heureux) concours de circonstances que la communauté gaie de la région a commencé à fréquenter le K-Mé-léon de Jonquière, il y a environ deux ans. Par la suite, le bouche à oreille a fonctionné et on a fini par associer l’établissement à un bar gai, au grand dam de ses propriétaires, qui insistent encore et toujours sur l’ouverture « à tous, pas seulement aux homosexuels » de l’endroit.

Voilà que depuis peu, souffles malsains et bribes d’informations sont parvenus à nos oreilles. Le problème : le bar se retrouverait dénaturé et la communauté gaie ne serait plus vraiment la bienvenue. Ces remarques ont été relayées par un certain nombre de détracteurs de l’établissement, mais, surprise, avant tout part des habitués de l’endroit.

Le propriétaire soutenu

« Je n’irai plus jamais là. Ça fait partie de mon ancienne vie », nous a ainsi fait savoir clairement une jeune Saguenéenne. Autre témoin : un homme, qui désire également garder l’anonymat, raconte dans le détail ce qui l’a amené à boycotter le K-Mé-Léon : « J’étais sur la piste de danse avec mon chum et nous nous sommes embrassés. Simplement embrassés. Rien d’osé ni de déplacé. Pourtant, un des bouncers a aussitôt voulu me sortir. J’étais un bon client, mais c’est fini désormais, car on ne sait plus si c’est un endroit gai. On ne s’y sent pas les bienvenus. »

Le propriétaire Richard Poirier reste soutenu par son député, Sylvain Gaudreault. Il n’a malheureusement pas donné suite à nos appels concernant la situation.

Souhaitant assurer la défense du principal intéressé, l’ancienne barmaid du K-Mé-Léon Caprice a tenu à modérer les ardeurs de chacun. « Je n’ai jamais vu personne prononcer des propos homophobes, explique-t-elle. D’ailleurs, je ne voulais pas entendre les mots « fif », « tapette » et « butch » ou des remarques désobligeantes et les propriétaires le savaient. Je pense que c’est normal qu’ils cherchent à diversifier leur public vu qu’un soir par semaine (le samedi) n’est pas assez pour faire marcher un business. »

Crédit photo : document remis.