Le gouvernement McGuinty tient bon sur les alliances gaies-hétéros

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Dalton McGuinty et les alliances gaies-hétéros en Ontario

La ministre de l’Éducation de l’Ontario, Laurel Broten, a annoncé le 25 mai une légère inflexion dans le projet de loi 13 pour des écoles tolérantes (Accepting Schools Act). Les élèves seraient finalement autorisés à nommer les associations contre l’intimidation homophobe « alliances gaies-hétéros », sans que les principaux des établissements puissent mettre leur veto, ce qui était le cas dans la précédente mouture. Toutefois, un professeur demeurera chargé de superviser de ces groupes, ce qui pose la question de leur mandat dans le contexte d’une école catholique.

L’annonce, bien accueillie dans les rangs du Parti néo-démocrate, a également fait grincer des dents. L’archevêque de Toronto, le cardinal Thomas Collins, a ainsi déclaré ne pas comprendre « pourquoi une législation provinciale devrait servir à micro-organiser la nomination des associations d’élèves […] Merci de tenir compte des implications pour tous lorsqu’une législation promulguée passe outre les croyances profondes d’une communauté et porte atteinte à sa liberté d’agir en accord avec ses principes ».

Redevable devant tous les parents

Le cardinal a suggéré que les écoles catholiques aient la possibilité de mettre en place leurs propres moyens pour lutter contre l’intimidation de manière générale et promouvoir un environnement accueillant dans les écoles. Une position qui fait écho à celle défendue par l’Association des administrateurs des écoles catholiques de l’Ontario, qui propose d’appeler ces organismes « Respecter les différences », craignant que les alliances gaies-hétéros « ne fassent de l’ombre aux besoins des étudiants harcelés pour d’autres raisons », a précisé son président Marino Gazzola.

La ministre de l’Éducation a néanmoins défendu son projet : « Pour beaucoup de nos élèves, le terme d’alliance gaies-hétéros est d’une grande importance et les mots comptent, si l’on ne peut pas appeler quelque chose, c’est que l’on ne s’adresse pas à elle ».

« Le cardinal Collins a ses responsabilités […] mais j’ai les miennes, a pour sa part déclaré le premier ministre. Je suis redevable devant [les personnes] de toute foi et ceux qui n’en ont pas. Je suis redevable devant tous les parents […] qui veulent être sûrs que leurs enfants seront acceptés et respectés pour ce qu’ils sont ». La loi prévoit également l’instauration d’une Semaine de la sensibilisation à l’intimidation, le troisième dimanche de novembre de chaque année.

Crédit photo : mars_discovery_district.