Le Festival TransAmériques – Chutes incandescentes: un concert chorégraphique avec Clara Furey

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Chutes incandescentes@francis ducharme Clara Furey FTA Montréal Théâtre Danse

Tout d’abord conçu comme un solo, Chutes Incandescentes devait être présenté en 2010, mais dû être annulé suite à une blessure de l’interprète, la jeune danseuse-actrice-musicienne, Clara Furey. Cette année, pour sa grande première, Lachambre montera sur les planches aux côtés de Furey maintenant que le spectacle s’est transformé en duo.

« C’est vraiment un concert-chorégraphique, tiens, c’est un beau mot ça. Ça serait réducteur de dire que c’est de la danse ou juste du théâtre. Ça bouge beaucoup, mais ça chante beaucoup aussi. Benoît aussi et c’est rare. C’est super beau parce qu’il approche le chant par le corps et non la technique, » précise Furey, au bout du fil.

Celle qui signe la direction musicale du spectacle explique qu’outre les danses et les chants, la matière de Chutes Incandescentes est baignée d’onirisme; c’est un mélange des écrits du poète soufi, Jellalludin Rûmi, des rêves de Lachambre et de l’histoire du Ramayana – l’un des textes fondamentaux de la mythologie hindoue.

Investir l’inconscient

On y croisera des personnages « qui nous habitent tous, poursuit-elle, des grands archétypes, comme ce démon-roi qui fait du mal et dans sa chute vers la mort s’en rend compte et son cœur fond et devient bon. »

La chute donc, incandescente, thème au cœur de cette création qui plonge dans l’inconscient, y investit ses états, ses mouvements pour en raconter ses histoires. Lachambre, qui a développé toute une approche somatique dans son travail, place la recherche de la présence dans le corps qui « ouvre des portes dans l’esprit et ouvre ton corps ainsi », enchaîne Furey.

« Son art est vraiment axé sur une technique queer. Par exemple, il ne fait pas de frontière entre les sexes ; nous incarnons les mêmes personnages, gars et filles. C’est rare. Le sexe s’exprime donc plus comme une énergie à laquelle on accède à l’aide de techniques plutôt qu’avec la tradition d’être son propre sexe. »

Alors que l’on présente Clara Furey dans les médias avec presque toujours le qualificatif « mystérieuse » précédant son nom, la jeune artiste se dit pourtant plutôt comme « un livre ouvert ».

« C’est peut-être ma physionomie ? Je ne sais pas. Peut-être est-ce cette responsabilité de porter en moi le feu, j’ai toujours envie de chercher, c’est ça ma religion, ma raison de vivre. J’aime la matière intime, ce qui est au plus proche de soi et fouiller dans ce qui est la zone d’ombre qu’on ne peut pas toujours présenter dans la société, c’est ma principale inspiration. »

Voyez pour vous-même à compter de ce soir et rencontrez les artistes après la présentation de samedi soir. Visiter le site du FTA pour plus d’informations.

Crédit photo: Francis Ducharme