La mauvaise foi de Lise Ravary

Par  |  3 commentaires

Dans son blogue du 22 juillet intitulé La saga Louise Mailloux, prise 3 publié sur le site du Journal de Montréal où elle houspille pour une nième fois mon amie, Lise Ravary suggère qu’elle devrait mieux choisir ses amis et me reproche mon initiative d’une campagne de levée de fonds pour la soutenir contre la poursuite-bâillon intentée par Dalila Awada sous le prétexte que je n’aurais pas avisé les annonceurs qui nous avaient payé leur publicité en tout ou en partie en chèques-cadeaux (ce que Mme Ravary appelle par anglicisme des ‘certificats cadeaux’) qu’un certain nombre de ces chèques-cadeaux serviraient à cette activité de levée de fonds.
Sans jamais avoir tenté de connaître notre version des faits, Mme Ravary m’accuse de ‘ne (…) pas (avoir) averti ses clients que leur entreprise ou leur commerce, principalement des restaurants et des hôtels haut de gamme, seraient ainsi associés à la défense de Louise Mailloux’. Mme Ravary parle de toute évidence à travers son chapeau et elle se base pour ce faire sur les faussetés reprises sur la page Facebook de la librairie L’Échange sans jamais avoir tenté d’en vérifier l’exactitude. Mme Ravary est une blogueuse, elle se défendra sûrement qu’on la paie pour avoir des opinions. Mais avoir des opinions ne nous soustrait pas à un minimum de rigueur et de vérification des faits, j’en sais quelque chose comme éditorialiste. Si elle s’était donné la peine de vérifier avec nous ce qu’il en était, je lui aurais répondu sans ambages que la négociation des conditions d’utilisation des chèques-cadeaux se fait au moment de la signature des contrats publicitaires et que notre position de négociation est toujours qu’il n’y ait aucune date d’expiration (ce qui est contraire à la loi) ni restriction, pour cette simple et bonne raison que de telles conditions rendent la gestion d’un inventaire de chèques-cadeaux extrêmement complexe.
Nous faisons déjà une grande faveur à certaines entreprises d’accepter qu’elles paient en tout ou en partie leurs contrats publicitaires en chèques-cadeaux (ce qui est plus à leur avantage qu’au nôtre) sans devoir supporter des contraintes excessives et a fortiori si nous devions avoir à les consulter par la suite sur l’utilisation que nous allons en faire comme le suggère Mme Ravary et encore plus si cela doit servir à ce que des annonceurs viennent tenter d’influencer nos positions et choix éditoriaux, les causes que nous allons soutenir ou pas, ce qui viole un principe de base de la liberté de presse.
En bref, nous avons répondu avec raison sur toutes les tribunes que ces chèques-cadeaux ont le même statut légal qu’un billet de banque ou un chèque, qu’ils nous appartiennent et que nous avons le droit d’en disposer à notre guise à moins d’ententes contraires avec les entreprises émettrices. Leur utilisation pour une levée de fonds n’implique pas les établissements émetteurs davantage que les banques ou la Banque du Canada ne sont impliquées lorsque nous faisons des dons par chèque ou en argent comptant à une cause quelconque (Sauf évidemment quand certaines personnes malveillantes tordent les faits et se livrent à des pressions indues sur les établissements pour tenter de les intimider… ce qui a été fait dans ce cas, ce que sait sûrement Mme Ravary puisque c’est de notoriété publique. Et ce qui est certainement plus facile à faire que d’harceler ou d’intimider une grande banque canadienne ou la Banque du Canada. Nous y reviendrons). Ceci était déjà expliqué dès la première phrase de l’article sur notre site web faisant la promotion de cette levée de fonds.
Dans le cas de la librairie L’Échange, l’annonceur n’a jamais posé aucune condition à l’utilisation des chèques-cadeaux à la signature du contrat et aucune condition n’apparaissait sur ses chèques-cadeaux. Si cet établissement voulait en limiter l’usage, il aurait dû le faire à la signature du contrat. Au moment où ce contrat avait été signé, notre magazine avait déjà en page éditoriale pris à de multiples reprises des positions politiques, appelant même parfois à voter pour ou contre tel ou tel parti, pour ou contre telle ou telle candidature lors d’élections et notre position sur la question de la laïcité, une condition indispensable à l’affirmation des droits LGBT face à des religions dont les dogmes sont de façon écrasante sexistes, homophobes et transphobes, avait déjà été énoncée de façon très claire. De plus, nous avons toujours expliqué à nos annonceurs que ces chèques-cadeaux servent d’abord aux besoins de l’entreprise ou de ses employés ou collaborateurs, mais qu’ils peuvent aussi être utilisés pour d’autres promotions auprès de notre lectorat surtout quand ils n’ont pas été utilisés par notre équipe et qu’ils sont excédentaires dans notre inventaire après l’expiration du contrat publicitaire. Ce que nous avions déjà fait avec des chèques-cadeaux de cet établissement dont le contrat était terminé depuis deux ans sans qu’il trouve à redire.
Mais ces faits importent peu à Mme Ravary. Elle est trop aveuglée par sa hargne et sa campagne contre Louise Mailloux pour se préoccuper de ces ‘détails’ et elle se met à inventer des normes éthiques qui n’existent nulle part en faisant fi de contrats librement consentis entre les parties. Nous ne sommes plus dans un État de droit, nous sombrons dans la vérité révélée de Lise Ravary, sûrement un héritage de ses convictions religieuses passées (ou présentes?). Et comme nous le savons tous, il est très difficile de discuter avec des gens qui ont une vérité révélée et qui ne s’embarrassent pas des faits.
Il est encore plus troublant qu’une journaliste d’expérience comme Mme Ravary puisse prendre tant de liberté face aux faits au point de pontifier sans aucune autre vérification que nos ‘clients n’avaient pas été avertis’. Qu’en sait-elle? A-t-elle elle-même vérifié? Le message de la Librairie L’Échange a été mis en ligne sur sa page Facebook à 20h45 le 22 juillet. Le blogue de Mme Ravary est daté lui-même du 22 juillet… Comment peut-elle avoir vérifié ses prétentions à une heure aussi tardive même en supposant qu’elle ait appris très rapidement que L’Échange avait mis en ligne le message auquel elle fait référence? Cet empressement est pour le moins suspect. À moins qu’elle ait décidé elle-même de participer aux manigances assez peu orthodoxes de ses amis de ‘Québec inclusif’, le fan club de Dalila Awada qui poursuit Madame Mailloux, pour tenter de faire déraper cette campagne de levée de fonds en les drapant de sa ‘crédibilité’ (qui prend ici une méchante débarque!) journalistique? La vérité est plutôt que cette campagne a été publicisée non seulement sur nos sites dès le 17 juillet, mais aussi sur nos pages Facebook (qu’un grand nombre de nos clients consultent quand ils n’y sont pas abonnés) sans qu’aucun client ou lecteur ne trouve à redire. Au contraire, cet article est même le plus lu et le plus aimé cette semaine-là et l’intervention intempestive de Mme Ravary et de ses amis a même fait presque doubler le nombre de J’aime sur cet article.
Tout semble plutôt corroborer que Mme Ravary s’est plutôt fié aux dires des militantes et militants de cet organisme pompeusement baptisé ‘Québec inclusif’ qui, pour le moins qu’on puisse dire à une conception de l’inclusion assez sélective puisque il n’hésite pas à s’attaquer aux militantes et militants laïques, ainsi qu’aux militantes et militants LGBT qui ne partagent pas ses points de vue (on repassera pour l’inclusion qui se limite ici dans le discours à ses dimensions ethniques et religieuses). Quel manque de discernement! Quel manque d’éthique! Ne se fier qu’aux dires d’une partie impliquée jusqu’au cou dans une bataille juridique de Dalila Awada contre Louise Mailloux. À moins que Mme Ravary tant qu’à divaguer dans les croyances mystiques n’aient des talents divinatoires?

Nellie Brière aveux
Car notre lectorat doit savoir que ce qui a poussé la librairie L’Échange à afficher le message auquel Mme Ravary fait référence (ce que Mme Ravary se garde bien d’expliquer en laissant penser que l’établissement a agi de sa propre initiative), ce sont les appels, les messages sur les médias sociaux, les menaces de boycottage tel qu’il a été expliqué par son représentant au journaliste Patrick Bellerose du Huffington Post. Ces interventions, nous le savons maintenant, étaient coordonnées par nulle autre que Nellie Brière, vice-présidente communications de ce prétendu ‘Québec inclusif’, avec la collaboration de Léa Couture-Thériault, elle-même vice-présidente mobilisation du même organisme et avec la participation de la blogueuse Judith Lussier du journal Métro, elle-même une des trois signataires du manifeste initial ‘Pour un Québec inclusif’. Le président de cet organisme, Me Rémi Bourget, avec lequel Mme Ravary est de toute évidence en contact, a eu beau le nier, les preuves de leur implication dans cette magouille sont trop manifestes.
Avant de donner prétentieusement et en parlant à travers son chapeau des leçons d’éthique, avant de suggérer à Mme Mailloux de mieux choisir ses amis, Mme Ravary ferait mieux de questionner sa propre éthique et de vérifier la qualité de ses sources. Comment qualifierait-elle des gens qui se faisant délibérément passer pour de simples clients de ces établissements (ce que la plupart ne sont probablement même pas) contactent systématiquement nos clients en prétendant faussement que nous les avons ‘associés’ à la défense de Louise Mailloux ET à la charte de la laïcité (où trouve-t-on ça dans notre texte? Il est plutôt de notoriété publique que 1) ce projet de loi est mort au feuilleton et 2) que notre appui à ce projet a toujours été critique). Des gens qui leur demandent de se dissocier de notre campagne de levée de fonds sinon ils vont lancer une campagne de boycottage contre leur établissement. Comment Mme Ravary qui est bien bonne pour se gargariser du grand principe de liberté, de liberté autant religieuse qu’économique, qualifierait-elle de tels agissements? Dans ce débat sur la laïcité, n’a t-il pas été largement question et n’y a t-il pas un large consensus pour que tous les citoyens et citoyennes interviennent ‘à visage découvert’? Comment qualifier des gens dans une société démocratique qui cachent leur implication et leur motivation véritables pour désinformer, harceler et menacer des gens en se cachant derrière un téléphone ou derrière les médias sociaux? Est-ce là la conception de la ‘liberté’ de Mme Ravary? Sa conception d’un ‘Québec inclusif’?
Chose certaine, ce n’est pas dans un tel Québec que nous voulons vivre. Dans tous les débats, nous sommes toujours intervenus à visage découvert et en expliquant clairement nos motivations et nos objectifs. Avant de nous reprocher de manquer de transparence dans nos gestes, Mme Ravary ferait mieux de se poser des questions sur les agissements des gens qu’elle fréquente sur les médias sociaux et qui sont devenus apparemment ses sources dans cette affaire. Leurs agissements et les accusations à tort et à travers de Mme Ravary qui s’en est faite complice objectivement, sont tout simplement dégoutantes dans une société démocratique.
Une journaliste d’expérience comme Mme Ravary ne peut ne pas être au courant des normes éthiques qu’elle a transgressées en lançant ses accusations à tort et à travers et en se fiant dans le meilleur des cas à des sources des plus partiales dans cette affaire. Il est de notre avis qu’elle n’a pu agir que de mauvaise foi, aveuglée qu’elle est par son hostilité envers Louise Mailloux et la cause qu’elle défend.
André Gagnon

Screenshot_2014-07-23-20-00-55Screenshot_2014-07-23-20-01-28Screenshot_2014-07-23-20-01-08

Capture d’écran 2014-07-24 à 10.16.34Capture d’écran 2014-07-23 à 21.20.14 (2)

 

3 Comments

  1. Yann Ménard

    26 juillet 2014 at 14h18

    Le dernier commentaire de Léa Couture-Thériault est on ne peut plus révélateur : «(…) si on fait ça par en-dessous (…)».
    Comme quoi quand on croit avoir la Vertu pour soi tout seul, tous les coups bas sont permis semble-t-il et plus besoin de se battre loyalement.

  2. Pingback: En réponse à ‘La neutralité de la business’: Ianik Marcil en service commandé? – Être magazine

  3. La rédaction

    28 juillet 2014 at 6h43

    En un mot, Yann, ‘la fin justifie les moyens’ pour nos vertueux ‘Inclusifs’ même si pour ça ils doivent exclure et exclure encore jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les gens qui pensent comme eux. C’est comme ça que l’Église catholique dans le temps avait aussi mis sur pied l’Inquisition. ;-)