La communauté LGBT en 24 images

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Avec la nouvelle édition, le festival nous offre une programmation passionnante qui promet de satisfaire autant les amateurs de films sexy que les passionnés de documentaire ou de biopic. Être vous fait quelques suggestions incontournables parmi un spectre large de films d’intérêts.

Le point de vue des invisibles

Un des films à surveiller est certainement le documentaire intitulé Les Invisibles, réalisé par Sébastien Lifshitz (Presque rien). Cette œuvre s’attarde aux homosexuels nés entre les deux guerres, ayant vécu leur identité avant les premiers mouvements de libération sexuels de la fin des années 60. Ces invisibles, parce qu’à leur âge, on ne les remarque plus, parce que durant leur jeunesse on leur refusait d’être visible, témoignent avec humour et sincérité la réalité du temps. Le film aborde les moments qui ont signé la renaissance des intervenants. Le public est donc le témoin privilégier de la parole de réels anticonformistes qui ont osé affronter un monde qui refusait d’admettre la légitimité des homosexuels. Comme le dit l’une des femmes dans le film : « À l’époque les gens savaient qu’il y avait des homosexuels. Ce qui était impensable, c’était de le revendiquer ». Les Invisible s’est entre autres démarqués au dernier festival de Cannes ou il était projeté dans la catégorie Un certain regard. Il avait alors été accueilli très favorablement par la critique qui le décrivait comme un film beau et puissant.

Souvenir du rebelle à la fureur de vivre

La vérité au sujet de la véritable sexualité du regretté James Dean fait jaser depuis longtemps. Bien des indices laissent croire que le jeune homme aurait été gai ou bisexuel. Pour éviter d’aller à la guerre, Dean se serait enregistré comme homosexuel. Il s’agissait alors d’un état jugé comme pathologique justifiant d’éviter la conscription. C’est précisément ce nouvel éclairage qui a intéressé le réalisateur Matthew Mishory qui en signe aussi le scénario. Dans Joshua Tree, 1951: A Portrait of James Dean, on assiste à l’épisode qui a précédé la célébrité du jeune acteur. Pour ce film, Mishory sort des films biographiques conventionnels pour s’attarder à un élément précis de la vie de Dean, sa bisexualité, qu’il a tentée de dissimuler durant toute sa carrière. On est donc les témoins d’une seule année de sa vie, 1950, année de sortie de son premier film Fixed Bayonets !, de Samuel Fuller.  Rappelons que le réalisateur est considéré par plusieurs comme l’étoile montante du cinéma indépendant américain, vanté autant en France par les journalistes des inRock, que par ses paires aux États-Unis.

Jeunesse parisienne sous radiation

Retour à une réalité contemporaine avec le film de Helena Klotz, L’Âge atomique. Dans ce film, qui met en vedette l’acteur Québécois Neils Shneider, qu’on a pu voir dans J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires, on suit deux garçons dans une folle nuit de fête dans un Paris d’aujourd’hui, loin du romantisme figé de l’époque du Moulin Rouge. Un Paris cru et aride mis en image avec une poésie dépourvue de nostalgie. Illustrant le spleen de la jeunesse, le film de Klotz raconte cette nuit où pendant qu’un jeune homme cherche à embrasser une fille, son ami ne désire que l’embrasser lui. Peu à peu, cette œuvre qui flirte avec l’expérimental glisse vers la métaphore, s’éloignant du simple réalisme pour se déployer dans la fantasmagorie. Pour ceux qui ont horreur de s’ennuyer au cinéma, L’Âge atomique est pour vous. Il dure à peine plus d’une heure.

Les « kuchus » d’Ouganda

Call me Kutchu est l’un de ses films qui bouleverse. Qui rappelle à la fois les beautés et les horreurs de l’humanité. Tourné en 2010 à l’apogée des violences homophobe en Ouganda, il suit la vie d’un petit groupe luttant pour les droits à l’égalité pour tous. Les journaux du pays publient leurs photos en indiquant aux lecteurs qu’ils sont homosexuels et inscrivent sous leur portrait « pendez-les ». S’ils continuent la lutte, ce n’est pas sans peur, et cette peur, les réalisatrices Malika Zouhali-Worrall et Katherine Fairfax Wright les captent dès les premières minutes du film. Depuis les cinq dernières années, les membres du gouvernement ougandais se sont acharnés à faire la chasse à la sexualité LGBT. On voit encore aujourd’hui des homosexuels violés, attaqués ou emprisonnés pour les dirigeants du pays. Malgré un sujet sombre, Call me Kutchu raconte une histoire ou l’espoir est permis, un espoir qui tiens dans les mains fragiles, mais acharnées d’une communauté qui croit en la justice et en l’égalité.

Festival Image + Nation

du 22 novembre au 2 décembre

image-nation.org

Photo bannière : Joshua Tree, 1951: A Portrait of James Dean