Violences en Russie: la communauté internationale s’inquiète

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Marche des fiertés Russie Moscou

Sans doute le fait que des Américains aient pris part à la manifestation et que certains d’entre eux aient été interpellés ont poussé les États-Unis à réagir. Il n’empêche, l’administration américaine a su faire entendre sa voix, le 29 mai, par l’intermédiaire du département d’État.

«Nous notons avec préoccupation… qu’une manifestation pacifique de Russes en faveur des droits des gais et des lesbiennes, à laquelle s’étaient joints des militants d’autres pays, a été violemment perturbée par des contre-manifestants, et que les forces de sécurité russes ont alors arrêté des personnes des deux groupes […] Nous appelons les autorités russes à travailler avec les responsables municipaux pour trouver les meilleurs moyens de sauvegarder les libertés fondamentales », a affirmé la diplomatie américaine.

Paris condamne du bout des lèvres

De son côté, la France, tout en prenant bien garde de ne pas citer explicitement la Russie, a rappelé qu’elle condamnait les « violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, quel que soit le pays où elles sont commises ». Le Canada et Stephen Harper n’ont jusqu’à présent pas réagi.

Le 28 mai, une trentaine de militants GLBT de toutes nationalités ont bravé l’interdiction de la mairie moscovite en organisant une marche des fiertés dans l’une des principales artères de la capitale russe. Des pancartes avec comme inscriptions « Des droits pour les gais » ou « C’est mon choix » ont été montrées pendant quelques minutes. Mais très vite, des opposants néo-nazis et ultra-orthodoxes s’en sont pris aux manifestants. C’est ensuite la police qui est intervenue contre les agresseurs et… les agressés.

« Alliance objective » entre autorités et agresseurs

Plusieurs militants ont ainsi été arrêtés, notamment l’Américain Dan Choi et le Français Louis-Georges Tin. Ce dernier, un peu avant d’être pris à parti par les autorités, avait dénoncé « les alliés objectifs » que sont devenus le pouvoir politique russe et les skinheads. Le fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie a également rappelé que la Russie « ne respectait pas obligations » alors qu’elle a été condamnée en octobre 2010 pour avoir interdit la marche des fiertés par le passé, interdiction qu’elle a donc répétée en 2011, prétextant des raisons de sécurité.

Malgré ces violences, les militants GLBT se félicitent d’avoir pu organiser cet événement au retentissement mondial. « Nous avons réussi à tromper la police et à contrecarrer les plans de la bande du maire Loujkov: il avait dit que cette manifestation n’aurait jamais lieu, elle a eu lieu (…) C’est un gros échec pour [lui] », a expliqué le militant britannique Peter Tatchell, qui était à la marche.

De son côté, Nikolaï Alexeïev, président de GayRussia, l’une des principales organisations GLBT du pays, a rappelé que son objectif était de « montrer que les gais et lesbiens peuvent défiler pacifiquement dans cette ville ».