La censure canadienne d’une chanson vieille de 25 ans

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La version originale du morceau ne pourra plus être diffusée au Canada. La décision a été salué par Helen Kenedy, de l’association LGBT Egale Canada : «Ce mot, qui perpétue les stéréotypes de façon négative et insultante, doit disparaître de notre répertoire ».
Seulement, la chanson en question met en scène un personnage d’ouvrier qui jalouse la situation des vedettes rock. Utilisé au deuxième degré, le message véhiculé est loin de faire de la propagande homophobe.

«Des idiots chez les gais»

Le tube avait déjà créé la controverse en 1985. Le chanteur s’était alors prononcé : «J’ai reçu des critiques du rédacteur en chef d’un magazine gai à Londres, qui m’a dit que c’était un coup bas, confiait Knopfler, le chanteur de Dire Staits. Mis à part le fait qu’il y a des idiots chez les gais comme chez les gens en général, cela veut peut-être dire qu’il vaut mieux ne pas laisser matière à interprétations multiples, il faut être direct. En fait, je suis même partagé quant au fait que ce soit une bonne idée d’écrire des chansons dans la bouche d’un personnage, autrement qu’à la première personne… »
Plusieurs homosexuels défendent d’ailleurs la chanson. Nathan Cuckow, homosexuel canadien, auteur d’une comédie musicale contre l’homophobie, affirme que «personne, en écoutant la chanson, ne va y trouver une haine des homosexuels. Je suis pour la liberté d’expression, pas pour ce politiquement correct, cette forme de censure.» Elton John lui-même l’a chanté en compagnie de rocker, lors d’un concert en 1986, sans en changer les paroles.

«Contraire à l’ordre public»

Ce retour de la censure au Canada a de quoi inquiéter. En 2008, le gouvernement conservateur rendait possible le retrait de l’aide financière à des productions pour le cinéma ou la télévision jugées «contraires à l’ordre public».
Dans un pays où les valeurs sont aussi variables, on peut se questionner sur ce qui doit être considéré comme contraire à l’ordre public.