L’intimidation contre les LGBT à l’agenda des Nations Unies

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Un événement similaire s’était déjà déroulé en 2009, sur le thème « S’opposer aux graves violations des droits de l’Homme fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Cette année, la conférence avait pour sujet « Arrêtez l’intimidation – Mettre fin à la violence et à la discrimination fondées sur l’orientation et l’identité sexuelles ».

Devant une assemblée de diplomates et de la société civile, plusieurs panélistes ont témoigné de la nécessité de lutter contre le harcèlement envers les jeunes, parmi lesquels Judy Shepard, à l’origine de la Fondation Matthew Shepard, du nom de son fils, sauvagement assassiné dans le Wyoming en 1998 en raison de son homosexualité.

Le 6 décembre, Barack Obama dévoilait une note ordonnant aux agences fédérales et à la diplomatie extérieure américaine de s’engager davantage contre les discriminations envers les LGBT. Pendant ce temps à Genève devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la Secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, prononçait un discours engagé sur le même thème.

Devant un parterre de dignitaires, souvent issus de pays où l’homosexualité est un crime, elle a rappelé que les LGBT sont « des êtres humains nés libres en dignité et en droits, et ont le droit de le revendiquer, ce qui aujourd’hui est l’un des défis restant en matière de droits humains ». Hillary Clinton a annoncé, dans le même temps, la création d’un fonds mondial pour l’égalité de trois millions de dollars, afin de soutenir les efforts de la société civile contre les discriminations et les persécutions pratiquées sur le fondement de l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Le Malawi veut montrer l’exemple

Après les débats menés lors du sommet des chefs d’État du Commonwealth, la pression s’accroît donc encore sur les gouvernements africains, toujours prêts au bras de fer sur cette question.

Ainsi, le conseiller du président nigérian Museveni, John Nagenda, a rappelé que dans son pays « l’homosexualité est taboue » et même « un anathème » pour les Africains. Toujours dans ce pays, une loi a été adoptée par les sénateurs, prévoyant 14 ans de prison pour les personnes homosexuelles qui contracteraient un mariage ainsi que dix ans pour toute personne qui les soutiendrait.

Seul le Malawi, par la voix de son ministre de la justice, Ephraïm Chiume, a annoncé qu’« en réponse à l’opinion publique », les lois pénalisant l’homosexualité étaient ajoutées à la liste des lois soumises à reconsidération. Une nouvelle bienvenue si elle aboutissait ; preuve peut-être de l’efficacité de la communauté internationale qui, l’année dernière, avait déjà permis à deux hommes, condamnés suite à leur mariage symbolique à 14 ans de détention, d’être graciés par le président malawite, Bingu wa Mutharika.

Crédits photo: Steel Wool.