L’homophobie scolaire créerait un dérèglement hormonal

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Homophobie Scolaire

La logique du travail de recherche du département de psychologie de l’université est le suivant : le stress et la discrimination vécus par les jeunes lesbiennes, gais ou bisexuels (LGB) entraîneraient un dérèglement hormonal. Ce dernier aurait une part de responsabilité dans l’apparition de symptômes accrus de dépression, d’anxiété et de pensées suicidaires chez ces jeunes.
Ainsi c’est une production plus élevée de cortisol, une hormone de stress qui serait liée à l’«homophobie internalisée» que l’on constate chez les victimes d’homophobie scolaire. Des victimes qui doivent ensuite faire face à des période d’anxiété et des pensées suicidaires plus importantes que les hétéros non discriminés.
«Nos recherches établissent un rapport évident entre des degrés anormaux de cortisol et les facteurs de stress environnementaux liés à l’homophobie. Nos travaux appuient l’idée selon laquelle l’intimidation homophobe peut entraîner des problèmes de santé physique et mentale», a détaillé Michael Benibgui, l’un des chercheurs.

«Le soutien familial fait toute la différence»

Une observation renforce l’opinion de l’équipe de Concordia : les jeunes gais, lesbiennes et bis jouissant d’un entourage familial positif et un cercle d’amis fourni présentent moins de symptômes de dépression.
La directrice du GRIS-Montréal, association qui lutte contre l’homophobie scolaire, a commenté ces résultats. Selon Marie Houzeau,  «l’homophobie est encore très présente, surtout en milieu scolaire. Le soutien familial fait toute la différence. Cela un impact direct sur l’estime de soi et la capacité de se bâtir une carapace», a indiqué Marie Houzeau.
Elle ajoute que «la spécificité de la discrimination envers les homosexuels est que les jeunes n’ont souvent aucune certitude quant au soutien familial. Un jeune noir victime de racisme n’hésitera probablement pas à en parler à son père. C’est différent pour un jeune homosexuel, car en parler équivaut à un coming-out. Or, souvent, on craint la réaction familiale».
Crédits photo: Sokabs.