L’entente de Sainte-Croix, une aberration ? Non, une nécessité !

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Raymond Gravel Congrégation Sainte-Croix Robert Cornellier

« Personnellement, je m’oppose à une telle entente parce qu’elle ne règle aucunement la problématique de la pédophilie et elle crée une injustice envers les 95% des religieux de cet ordre », a écrit l’abbé Gravel, du diocèse de Joliette dans un billet sur le site de La Presse. S’il reconnaît que certains prêtres ont « abusé de leur autorité en agressant sexuellement des jeunes qui leur étaient confiés », il estime que « faire payer à tous ces religieux les écarts de conduite de certains d’entre eux, c’est non seulement injuste, mais inacceptable ».

L’entente à laquelle il fait référence est celle conclue par la Congrégation de Sainte-Croix, qui a accepté de verser 18 millions de dollars aux dizaines de victimes de pédophilie, chacune devant recevoir entre 10 000 et 250.000 dollars pour les graves préjudices subis. Raymond Gravel dénonce sur le fond le pouvoir « pernicieux » de l’argent, disant craindre que ce ne soient pas les vraies victimes qui réclament des indemnités, mais ceux qui disent les défendre et veulent en faire des « prostitués ». « Les vraies victimes, elles, veulent se libérer et vivre dans la normalité », estime-t-il.

Mettre fin à « la culture du silence »

Une semaine plus tard, Robert Cornellier, l’une des personnes à l’origine de la plainte qui a abouti à l’entente, s’exprimait à son tour dans les colonnes du Devoir pour expliquer en quoi l’entente de Sainte-Croix est, selon lui, nécessaire.

Si tous deux dénoncent la « culture du silence », Robert Cornellier interpelle l’abbé Gravel sur un point qu’il juge occulté par celui-ci. Il rappelle que l’affaire concerne « une dizaine de pédophiles », qui ont pu agir en toute impunité et multiplier les victimes pendant des décennies grâce « au silence complaisant des autorités de la congrégation de Sainte-Croix ». Il critique cette dernière pour avoir choisi « de fermer les yeux et de les protéger », ne reconnaissant les crimes qu’elle a couverts que des années après que l’histoire est sortie publiquement.

Il dénonce encore la tentative de « victimiser à nouveau » les parties civiles et de « banaliser leur histoire ». « Vous nous présentez ces religieux comme les victimes d’avocats sans scrupule et de fausses victimes. C’est le monde à l’envers. Quel mépris envers tous ces hommes qui ont été agressés au cours de leur enfance! » écrit-t-il.

En réponse à la conclusion de l’abbé Gravel, il indique qu’il ne « crache pas [son] venin contre les religieux, je le crache contre des hommes qui ont commis des actes odieux alors qu’ils se drapaient sous la haute autorité morale de l’Église ».

Crédits photo: Louperivois / Wikipédia