L’abrogation de Don’t ask, don’t tell entre en vigueur

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Barack Obama

Adoptée en 1993 sous le mandat de Bill Clinton, DADT obligeait les gais et lesbiennes mobilisés dans l’armée américaine à taire leur homosexualité, sous peine de renvoi. Son abrogation, promesse électorale de Barack Obama, fut l’objet de mois de débats passionnés. Certains élus ou hauts gradés de l’armée, comme le commandant des marines, le Général James F. Amos, craignaient par exemple que cela nuise à la cohésion des unités et à l’efficacité des soldats au combat.

L’abrogation ne devait être qu’effective qu’une fois les militaires formés à l’accueil respectueux des personnes assumant ouvertement leur homosexualité. Un rapport du Département de la défense avait indiqué que 70 % du personnel militaire percevait la levée du tabou gai comme une chose positive ou neutre. Notons qu’au Canada, les LGBT sont autorisés à servir ouvertement dans l’armée depuis 1992.

Le fondateur de OutServe sort du rang

C’est ainsi que « JD Smith », cofondateur de OutServe, l’organisation des militaires LGBT, a pu révéler son identité : il s’agit de Josh Seefried, premier lieutenant de l’US Air Force. Dans un long article publié sur le site The Daily Beast, il prend fièrement position. « Dorénavant, moi et des milliers d’autres officiers gais et lesbiennes pourront entrer dans nos unités sans crainte de perdre leur travail ; notre intégrité [est] restaurée. »

Il regrette toutefois que des inégalités de traitement demeurent. Le mariage gai n’étant pas reconnu, les officiers supérieurs ne pourront dispenser des missions éloignées les militaires homosexuels en couple afin qu’ils restent proches de leur conjoint(e) et leurs salaires resteront plus faibles.

Les vétérans tirent eux aussi les bénéfices de l’abrogation

Près de 14.000 militaires ont été renvoyés de leurs unités sous le régime de la loi DADT et environ 100.000 autres entre 1944 et 1993. Beaucoup furent néanmoins réformés avec des mentions honorables. Ce fut le cas des activistes Leonard Matlovitch, dont la sortie médiatique du placard en 1975 avait pour la première fois mis la question du tabou gai dans l’armée américaine sur l’agenda, mais également de Margarethe Cammermeyer, colonelle réformée en 1992 pour avoir révélé qu’elle était lesbienne.

Mais il n’en fut pas ainsi pour Melvin Dwork, exclu de la marine américaine en 1944. En dépit de ses excellents états de service, il fut renvoyé avec la mention « indésirable » sur son dossier ; « une terrible insulte » pour cet homme, aujourd’hui âgé de 89 ans. Son dossier a été révisé le mois dernier et la mention « honorable » lui a été accordée, lui ouvrant ainsi la possibilité de recevoir des pensions sociales et des funérailles militaires. D’autres vétérans discriminés ont d’ores et déjà demandé la réévaluation de leurs dossiers.

Crédits photo (Flickr) : Third Way