Jean d’Ormesson ou le plaisir d’être…

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Jean d'Ormesson

Jean d’Ormesson est de droite, votera sans doute encore pour Nicolas Sarkozy en 2012, s’avère plutôt croyant et se fout complètement des droits GLBT. Pourquoi dès lors parler de lui ? Parce qu’en dépit de ce portrait, l’écrivain reste l’un des rares hommes de lettres francophones à vous donner envie de lire jusqu’à plus soif tous les plus grands auteurs que compte l’histoire de l’humanité et à vous intéresser aux questions existentielles qui nous touchent tous.

Homère, Platon, Newton…

C’est une chose étrange à la fin que le monde donnera du grain à moudre à ceux qui reprochent depuis des années à l’auteur français d’écrire toujours le même livre. Oui, on retrouve ici beaucoup des thèmes rencontrés dans Une fête en larmes ou C’était bien. Mais la plume restant toujours aussi brillante, est-ce finalement si grave?
Tout en faisant parler un Dieu dont il avoue douter parfois de l’existence, Jean d’Ormesson retrace l’évolution de la pensée des hommes face à des interrogations qui nous suivent depuis des millénaires : «Qu’est-ce que la vie et d’où vient-elle ? Comment fonctionne l’univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?». Il évoque Homère, Platon, Galilée, Newton, ou Nietzsche pour tenter d’apporter des éléments de réponse. Dans une deuxième partie tout aussi intéressante, il se livre à un (énième) bilan de sa vie. Entre émotion et lucidité.

Le grand-père rêvé

La force de Jean d’Ormesson, c’est de parler de tout avec une écriture simple, où l’amour des mots se conjugue à une sincérité touchante. Jean d’Ormesson, c’est un peu le grand-père que l’on rêverait tous d’avoir pour avancer dans la vie…
Certes, il y a aussi dans C’est une chose étrange à la fin que le monde des redites, des longueurs. Tout n’est pas égal dans cet «essai romanesque». Mais l’auteur, devenu célèbre sur le tard grâce à des passages à la télé où il excelle comme peu d’autres de ses confrères, nous livre au final un ouvrage bien meilleur que la plupart de ceux abordant les mêmes thèmes. Car Jean d’Ormesson, tout en parlant ouvertement de l’absurdité de la vie et de l’incompréhension qu’elle engendre, sait dans le même temps nous la faire adorer.
C’est une chose étrange à la fin que le monde
Jean d’Ormesson
Robert Laffont
315p.
29,89$
Crédits photo: Georges Seguin.