Jean Charest : le temps est venu de lui montrer la porte

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Jean Charest grève étudiante loi 78

Il a d’abord remercié les électeurs de Lafontaine (majoritairement allophones) d’avoir élu le candidat libéral ; même Tony Accurso aurait de fortes chances de remporter ce fief traditionnellement libéral s’il s’y présentait pour le PLQ ! Puis, parlant des résultats dans Argenteuil, celui qui se présente comme le premier ministre du Québec n’a pu reconnaître l’élection et encore moins féliciter le nouveau député du Parti Québécois, Roland Richer, élu dans cette circonscription considérée comme une forteresse libérale à cause de sa forte minorité anglophone.

Il a plutôt vanté les mérites de sa candidate défaite, Lise Proulx, l’ancienne secrétaire du ministre libéral démissionnaire David Whissell, dont le départ a été précipité par la découverte d’apparence de conflits d’intérêts impliquant ses entreprises. Il s’est aussi déclaré convaincu que cette erreur serait corrigée lors des prochaines élections générales, comme si les électeurs d’Argenteuil avaient le devoir d’élire un candidat libéral !

Premier ministre du Québec ?

L’homme se promène partout depuis des mois pour dire qu’il a reçu un mandat démocratique d’appliquer les mesures rétrogrades que son gouvernement met en place, sans jamais en avoir discuté lors de la campagne électorale de 2008. Il prétendait au contraire que son cabinet maintiendrait l’équilibre budgétaire malgré la crise financière… menue erreur de parcours. Il répète que les électeurs auront bientôt l’occasion de s’exprimer, comme une excuse pour engranger du capital politique sur le dos du conflit étudiant, le laissant se transformer en crise sociale pour mieux se présenter comme le défenseur de la loi et de l’ordre. Le voir manquer autant de respect face au choix démocratique des électeurs d’Argenteuil en dit long sur l’homme.

John James Charest n’est pas le premier ministre du Québec. C’est toujours, d’abord et avant tout, le chef du Parti libéral, d’une mafia politique constituée de faiseurs d’élections, d’amateurs d’élections clé en main et de caisses électorales occultes. Un chef à l’aise dans les dîners des chambres de commerce où il a plein de p’tits amis et y raconte des grosses farces plates sur la jeunesse qui est l’avenir du Québec. Le chef du Parti Libéral, certains l’ont baptisé le parrain, n’apprécie visiblement pas, à l’instar des chefs d’entreprises (légales ou illégales) qu’il côtoie, que ses administrés ne respectent pas le plan établi par ses faiseurs d’élections.

L’ABC de la démocratie

On peut certes comprendre la déception devant une défaite politique. Mais le premier ministre du Québec ne peut oublier un seul instant qu’il se doit de respecter le choix des électeurs. Ça, c’est l’ABC de la démocratie. Ne pas respecter ce qu’il présente lui-même comme le nec plus ultra de la vie démocratique est tout à fait sidérant ! Peut-on être un chef d’État et manquer d’autant de classe, au point d’être incapable de féliciter son adversaire ?

C’est précisément parce qu’il ne se voit pas au service du bien commun, mais qu’il est plutôt là pour se servir et servir les intérêts de certaines élites qu’il se plait à côtoyer, que ce soit au Domaine de Sagard des Desmarais ou à sa résidence de Westmount, que Jean Charest n’est pas à sa place dans le siège de premier ministre. Cela explique son obstination (et celle des « faucons » qui l’entourent) à vouloir imposer sa contre-révolution néolibérale. Après avoir réduit les impôts des entreprises et des plus fortunés, on refile la facture aux « utilisateurs-payeurs » pour combler le manque à gagner en multipliant les hausses de tarifs et de frais, mesures qui accentuent les écarts entre riches et pauvres et qui – la crise financière de 2008 l’a prouvé – ne font rien pour « stimuler l’économie ».

Ne pas être dupe

Dans les semaines et mois qui viennent, alors qu’il est toujours aussi impopulaire dans l’opinion publique, l’homme fera tout pour s’accrocher au pouvoir. Il est déjà en mode préélectoral : publicité payée à même nos taxes et impôts pour justifier ses mesures impopulaires, campagne financée à partir de fonds recueillis de façon pour le moins douteuse avec moult prête-noms et plantureux événements de levée de fonds. Il se servira aussi des fonds publics pour multiplier les annonces de subventions. Vous remarquerez aussi comment, malgré les décisions prises depuis des mois, c’est vraisemblablement dans les prochaines semaines qu’on annoncera les quelques centaines de milliers de dollars de maigres subventions accordées à nos organismes dans le cadre du nouveau Plan de lutte contre l’homophobie… en toute fin de 3e mandat, neuf ans après sa prise du pouvoir et juste à temps pour poser avec les porte-parole de nos organismes et espérer ainsi gagner nos votes.

C’est là la logique des chefs de ces vieux partis usés, pour lesquels les élections se gagnent à coup de promesses de subventions destinées à servir le clientélisme et de concours d’images. J’ose espérer que nous ne serons pas dupes de ces manœuvres et que nous saurons indiquer à Jean Charest la place qu’il mérite : la porte de l’Histoire.

Crédit photo : US Mission Canada.