Itinérance, délinquance : les commerçants du Village réagissent

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Beaudry

Jacques Émond, gérant du Java – U « De la sympathie, mais… »

« Notre terrasse a été détériorée plusieurs fois, on en a retrouvé des morceaux dans le parc [Serge Garant]. Nos clients sont interpellés, parfois insultés. C’est vrai que depuis quelques jours, la police est plus présente devant Beaudry, mais c’est certainement le temps que la pression diminue. On veut bien avoir de la sympathie pour ces gens qui ont de vrais problèmes, mais le quartier et ceux qui y travaillent et y vivent ne peuvent pas tout supporter. »

Simon-Daniel Brisebois, propriétaire de Ka-Vie-Art – «Cohabiter, oui. Mais de façon égale »

« Cela fait trois ans que je suis ici, et ce n’est pas si pire, même si ça grossit depuis quelques mois. Les gangs de rue commencent à s’installer dans le quartier et ça, c’est inquiétant.

« La pétition était nécessaire pour réfléchir aux actions possibles ; cela a permis aux gens de parler. Je suis surtout en accord lorsqu’elle pose la question de la réglementation, des outils. Quand j’appelle la police, je me fais dire « que voulez-vous qu’on fasse ? » Ce n’est pas à moi de répondre ! Mais ce n’est tout de même pas normal que la police soit critiquée ainsi, elle doit être appuyée, on paye pour ça. Les cadets de  police, ce sont des jobines d’été, ça apporte zéro sécurité. »

Mathieu Riendeau, gérant du Piazzetta – « Deux lignes de défense »

« Je ne pense pas qu’il y ait vraiment une recrudescence de la violence. Il y a deux ans, il y avait des tables de pique-nique en face, c’était devenu un squat. Avec la terrasse durant l’été, le problème est le même que si nos fenêtres étaient ouvertes : il y aura toujours des itinérants pour quêter un dollar ou une pointe de pizza. »

« La première ligne de défense pour un commerçant, c’est la présence policière. Mais ultimement, ce qui compte, c’est la volonté de tous ceux du secteur qui réfléchissent à trouver les moyens d’aider ceux qui sont vraiment dans le besoin. Il y a ceux qui ont des maladies mentales et qui errent à cause de la désinstitutionalisation. La police a des moyens limités, elle est parfois découragée. Elle ne peut pas tous les amener pour deux heures à Saint-Luc. Le plus dérangeant, c’est la présence accrue des gangs de rue, car eux, ils sont vraiment imprévisibles. »

Bertrand Plante, Directeur général de la Société de Développement Commercial (SDC) du Village – « Faisons-nous entendre ! »

« Il serait naïf de croire que le Village a le monopole de l’itinérance. Mes collègues du Quartier Latin m’ont appris que lors du Festival OUMF, certains artistes de rue avaient été pris à partie par des itinérants ou des revendeurs de drogue, car ils occupaient « leur trottoir » ! Sans parler des deux malheureux tués rue Saint-Denis en juin. »

« Montréal ramasse les problèmes de toute la province, mais c’est bien une problématique qui concerne le Québec entier. On a répondu au maire que si c’était si sérieux, on se plaindrait davantage. Eh bien, appuyons le maire afin de nous faire entendre et que cela soit enfin géré. Il ne sert à rien de taper sur des policiers qui peuvent juste tasser les problèmes d’un point A vers un point B. La communauté gaie est tolérante, mais la limite est atteinte. »

Crédits photo : nikofoto

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