Irak : alerte rouge pour les gais

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Sur le site Internet son organisme, il parle carrément de « guerre contre les minorités sexuelles ». De son côté, Ali Hili mène son combat depuis Londres où il s’est réfugié voilà dix ans, dirigeant l’association des LGBT irakiens. Le militant va même jusqu’à se montrer nostalgique de l’ancien régime : « L’Irak de Saddam Hussein ne punissait pas l’homosexualité. Le pays comptait des boîtes de nuit gay, protégées par les autorités », a-t-il indiqué à la presse française.

Le 11 mars, l’Agence France Presse affirmait que « 14 adolescents ont été tués en un mois, dont sept avec des pierres et cinq par balle », se basant sur le récit du personnel d’un hôpital de Bagdad (capitale du pays). Les victimes sont toutes décrites comme des « émos », mot souvent utilisé pour désigner les homosexuels.

D’autres chiffres circulent. Selon certains médias, Ali Hili, affirme que « plus de huits cents homosexuels auraient été tués » depuis 2006. L’International Gay and Lesbian Human Rights Commission parle d’une « nouvelle vague de violence antihomosexuelle » ces dernières semaines.

Différents groupuscules composés d’extrémistes chiites seraient à l’origine des meurtres et des violences. En 2006, le chef de l’un d’entre eux avait lancé une fatwa pour tuer les homosexuels « de la pire manière qu’il soit ».

Des affiches sont même placardées en guise de préembule : « Nous avertissons fermement tous les hommes et femmes à l’attitude obscène : si vous ne quittez pas ces accoutrements grossiers dans les quatre jours, vous serez frappés du châtiment de Dieu par la main des moudjahidines », pouvait-on lire dernièrement dans un quartier de Bagdad. Des noms de personnes à abattre accompagnaient le texte.

Les associations dénoncent également l’attitude du pouvoir en place. « Les autorités irakiennes n’ont ni répondu ni condamné publiquement cette violence ciblée », souligne L’International Gay and Lesbian Human Rights Commission. Le ministère de l’Intérieur va jusqu’à affirmer n’avoir « enregistré aucun cas de meurtre » d’«émos». Ces derniers jours, certains rappellent que le 13 février, le même ministère comparait cette catégorie de la population à des « adorateurs du diable ».

Crédit photo : ainudil.