Homophobie gouvernementale : le combat de Paul Richard

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OttawaL’affaire remonte à plus de 30 ans alors que le plaignant travaillait dans la fonction publique. De 1978 à 1985, Paul Richard aurait été victime de discrimination, en raison de son orientation sexuelle, de la part de ses collègues et patron. Dans une entrevue avec la Presse Canadienne, il affirme avoir eu l’impression de s’être fait «voler [s]a vie».
Après avoir quitté son emploi car il travaillait dans des conditions invivables, Paul Richard, aujourd’hui âgé de 69 ans, raconte avoir vécu une dépression profonde qui l’aurait empêché de retrouver par la suite un poste convenable. Les idées noires étaient à ce point obsédantes qu’il affirme aussi avoir pensé au suicide.

Une première victoire judiciaire

En 2005, il a pris la décision de porter plainte à la Commission canadienne des droits de la personne, annonçant qu’il avait été la cible d’une discrimination érigée en système. Il obtient gain de cause deux ans plus tard, une victoire dont il s’est dit fier. Il dépose une nouvelle plainte en 2007.
La Commission canadienne des droits de la personne lui a fait savoir en août dernier qu’elle n’entendrait pas sa cause en raison du retard dans le dépôt de la plainte. À cause du ce délai dépassé, le gouvernement ne serait en effet pas en mesure de présenter une défense valable. Les documents reliés aux événements de l’époque auraient été détruits, soutient la défense. Elle ajoute aussi qu’il serait trop difficile de trouver des témoins après tant d’années.

Montrer les zones d’ombre de l’ère Trudeau

Toutefois, en avril, la Cour fédérale avait rejeté ces allégations et permis à Paul Richard de procéder. Paul Richard explique que chaque partie a eu cinq ans pour préparer ses recherches et retrouver des témoins. À l’ère d’internet, l’ex-fonctionnaire affirme que ces excuses sont lamentables : lui-même a réussi à préparer son argumentation avec l’aide du web. Le gouvernement aurait pu donc, selon lui, faire toutes ces recherches en quelques heures.
L’objectif premier de monsieur Richard est de mettre en lumière cette époque où les homosexuels payaient cher leur différence, et cela, même au sein du gouvernement sous le pouvoir de Pierre Eliot Trudeau, celui qui avait pourtant décriminalisé l’homosexualité plusieurs années auparavant.